Ce chapitre situe systèmes de chauffage dans le travail quotidien du technicien en chauffage-climatisation : production de chaleur, chaudières, fournaises, distribution hydronique ou à air pulsé et sécurité de combustion. L'objectif est de relier les principes aux relevés de terrain, au dimensionnement, à la mise en service et au diagnostic, afin que chaque intervention soit sécuritaire, mesurable et conforme aux exigences québécoises. Cette mise en contexte prépare ensuite l’étude de « Conduction » et « Convection », puis des sous-thèmes associés.
Objectifs d’apprentissage
À la fin de ce chapitre, tu seras capable de :
Comprendre les principes de base du transfert de chaleur (conduction, convection, rayonnement).
Différencier les principaux types de systèmes de chauffage résidentiels et commerciaux légers (air pulsé, hydronique, électrique).
Identifier les composants clés d’un système de chauffage à air pulsé (fournaise, échangeur de chaleur, ventilateur, registres).
Expliquer le fonctionnement d’un système hydronique (chaudière, circulateur, radiateurs, plancher chauffant).
Connaître les normes et les codes applicables au Québec (CSA B139, RBQ, CCQ, Code de construction).
Diagnostiquer les pannes courantes et appliquer les mesures de sécurité appropriées.
Calculer une charge thermique de base et dimensionner un système simple.
Se préparer efficacement à l’examen de certification.
2.1 Principes fondamentaux du transfert de chaleur
Avant de plonger dans le détail des systèmes, il faut maîtriser les trois mécanismes par lesquels la chaleur se déplace. Ces principes sont à la base de tout diagnostic et de tout calcul.
2.1.1 Conduction
La conduction est le transfert de chaleur à travers un matériau solide, sans déplacement de matière. Les molécules les plus chaudes (plus énergétiques) vibrent et transmettent leur énergie aux molécules voisines plus froides.
Exemple concret : Une tige de cuivre chauffée à une extrémité devient chaude à l’autre extrémité. Dans une fournaise, l’échangeur de chaleur en acier conduit la chaleur des gaz de combustion vers l’air ambiant.
Facteurs influençant la conduction :
Conductivité thermique (k) : Capacité d’un matériau à conduire la chaleur (W/m·K). Le cuivre a un k élevé (≈400), l’air a un k très faible (≈0,026).
Épaisseur du matériau (L) : Plus le matériau est épais, plus la résistance au transfert est grande.
Différence de température (ΔT) : Plus l’écart est grand, plus le flux de chaleur est important.
Formule de base (Loi de Fourier simplifiée) :
Terme
Valeur / signification
**Formule**
Q = (k × A × ΔT) ÷ L
Q
Flux de chaleur, en watts (W)
k
Conductivité thermique du matériau (W/m·K)
A
Surface de transfert (m²)
ΔT
Différence de température (K ou °C)
L
Épaisseur traversée (m)
Conseil pratique : Dans l’isolation des conduits, on cherche à minimiser la conduction en utilisant des matériaux à faible k (laine minérale, polyuréthane, fibre de verre).
2.1.2 Convection
La convection est le transfert de chaleur par le mouvement d’un fluide (liquide ou gaz). Elle peut être naturelle (due à la différence de densité) ou forcée (à l’aide d’un ventilateur ou d’une pompe).
Exemple concret : L’air chaud qui monte d’un radiateur (convection naturelle). L’air soufflé par le ventilateur d’une fournaise (convection forcée). L’eau qui circule dans un plancher chauffant (convection forcée).
Types de convection :
Naturelle : L’air chaud, moins dense, monte ; l’air froid, plus dense, descend. C’est le principe des plinthes électriques.
Forcée : Un ventilateur (air) ou une pompe (eau) force le fluide à circuler, augmentant considérablement le transfert de chaleur.
Coefficient de transfert de chaleur par convection (h) : Exprimé en W/m²·K. Il dépend de la vitesse du fluide, de sa viscosité et de la géométrie de la surface. Plus h est élevé, plus le transfert est efficace.
Formule simplifiée :
Terme
Valeur / signification
**Formule**
Q = h × A × ΔT
Q
Chaleur transférée (W)
h
Coefficient de convection (W/m²·K)
A
Surface d’échange (m²)
ΔT
Écart entre la surface et le fluide (K ou °C)
Conseil pratique : Un filtre à air encrassé réduit le débit d’air (vitesse), donc le coefficient de convection h, ce qui diminue l’efficacité de la fournaise. C’est la cause la plus fréquente de mauvaise performance.
2.1.3 Rayonnement
Le rayonnement est le transfert de chaleur par ondes électromagnétiques (infrarouges). Il ne nécessite pas de support matériel et se produit même dans le vide. Tous les objets émettent un rayonnement proportionnel à leur température.
Exemple concret : La chaleur du soleil. Un poêle à bois qui chauffe les personnes dans la pièce sans chauffer l’air entre eux. Les panneaux radiants au plafond.
Loi de Stefan-Boltzmann :
Terme
Valeur / signification
**Formule**
Q = ε × σ × A × (Ts⁴ − Tenv⁴)
ε
Émissivité : 0 pour un réflecteur parfait, 1 pour un corps noir
σ
Constante de Stefan-Boltzmann : 5,67 × 10⁻⁸ W/m²·K⁴
A
Surface rayonnante (m²)
Ts
Température de la surface (K)
**Tenv**
Température de l’environnement (K)
Conseil pratique : Les planchers chauffants rayonnants (électriques ou hydroniques) offrent un confort élevé parce qu’ils chauffent les objets et les personnes directement, réduisant les pertes par convection (moins de poussière en suspension).
2.2 Classification des systèmes de chauffage
Au Québec, on retrouve principalement trois grandes catégories de systèmes de chauffage. Chacun a ses avantages, ses inconvénients et ses exigences d’installation et d’entretien.
2.2.1 Systèmes à air pulsé (fournaises)
C’est le système le plus répandu dans les maisons unifamiliales et les petits commerces au Québec. Il fonctionne en chauffant de l’air dans une fournaise, puis en le distribuant dans les pièces via un réseau de conduits.
Principe de fonctionnement :
48.Le thermostat demande de la chaleur.
49.Le brûleur (gaz, propane, mazout) ou l’élément électrique s’allume.
50.L’échangeur de chaleur (ou les résistances) chauffe l’air.
51.Le ventilateur (blower) force l’air chaud à circuler dans les conduits.
52.L’air chaud sort par les registres (grilles) dans les pièces.
53.L’air froid retourne à la fournaise par les registres de retour.
Composants clés :
Fournaise : Le cœur du système. Peut être au gaz, au mazout, au propane ou électrique.
Échangeur de chaleur : Sépare les gaz de combustion de l’air de la maison. Crucial pour la sécurité (risque d’intoxication au CO).
Ventilateur (blower) : Moteur électrique avec une roue à aubes. Généralement à vitesse variable pour un meilleur confort et une meilleure efficacité.
Conduits : Tuyaux en métal (acier galvanisé, aluminium) ou en flexible isolé. Ils doivent être étanches pour éviter les pertes de chaleur.
Registres : Grilles de diffusion et de retour d’air. Les registres motorisés (zoning) permettent de chauffer différentes zones indépendamment.
Thermostat : Commande le cycle de chauffage. Les modèles programmables et intelligents (Wi-Fi) sont maintenant la norme.
Filtre à air : Protège la fournaise et améliore la qualité de l’air. Doit être changé régulièrement (aux 1 à 3 mois).
Avantages :
Coût d’installation modéré.
Réponse rapide (l’air chaud arrive rapidement).
Possibilité d’intégrer la climatisation (split system) et un humidificateur.
Inconvénients :
Peut assécher l’air (surtout au gaz).
Distribution de poussière si les filtres sont négligés.
Bruit du ventilateur.
Rendement variable selon l’étanchéité des conduits.
2.2.2 Systèmes hydroniques (à eau chaude)
Très populaires dans les immeubles à logements, les commerces et les maisons haut de gamme. Ils chauffent de l’eau dans une chaudière, puis la distribuent dans des radiateurs, des plinthes ou un plancher chauffant.
76.Une pompe de circulation (circulateur) pousse l’eau chaude dans le réseau de tuyaux.
77.L’eau circule dans les émetteurs de chaleur (radiateurs, plinthes, serpentins de plancher).
78.La chaleur est transférée à l’air ambiant par convection et rayonnement.
79.L’eau refroidie retourne à la chaudière pour être réchauffée.
Composants clés :
Chaudière : Appareil qui chauffe l’eau. Doit être certifiée selon la norme CSA B139 (pour le mazout) ou CSA 2.1 (pour le gaz). Elle comprend un brûleur, un échangeur de chaleur et un système de contrôle.
Circulateur : Pompe centrifuge qui fait circuler l’eau. La vitesse et le débit sont ajustables.
Tuyauterie : En cuivre, en PEX (polyéthylène réticulé) ou en acier. Le PEX est très utilisé pour les planchers chauffants.
Émetteurs de chaleur :
Radiateurs : En fonte (anciens) ou en acier (modernes). Chauffage par rayonnement et convection.
Plinthes hydroniques : Boîtiers métalliques avec des ailettes. Chauffage principalement par convection.
Plancher chauffant : Tuyaux de PEX noyés dans une dalle de béton ou sous un plancher flottant. Confort exceptionnel.
Vase d’expansion : Absorbe la dilatation de l’eau lorsqu’elle chauffe. Essentiel pour la sécurité.
Soupape de sécurité : Relâche la pression si elle dépasse un seuil critique (généralement 30 psi).
Purgeurs d’air : Éliminent l’air du système pour éviter les poches d’air qui bloquent la circulation.
Avantages :
Confort très uniforme (pas de courant d’air).
Silencieux.
Efficacité énergétique élevée (surtout avec une chaudière à condensation).
Pas de distribution de poussière.
Inconvénients :
Coût d’installation élevé.
Temps de réponse plus lent (inertie thermique).
Entretien plus complexe (purge, pression, antigel).
Difficile à ajouter après construction (sauf plancher radiant).
2.2.3 Systèmes électriques
Très communs au Québec en raison du faible coût de l’électricité. Ils sont simples, peu coûteux à installer et ne nécessitent pas de conduits ni de chaudière.
Types de systèmes électriques :
Plinthes électriques : Le plus répandu. Un élément chauffant (résistance) chauffe l’air par convection naturelle. Chaque pièce a son thermostat.
Aérothermes (unités murales) : Similaires aux plinthes, mais avec un ventilateur pour forcer la convection.
Panneaux radiants : Installés au plafond ou au mur. Chauffage par rayonnement infrarouge.
Plancher chauffant électrique : Câbles chauffants ou tapis chauffants installés sous le revêtement de sol.
Fournaise électrique : Similaire à une fournaise à air pulsé, mais avec des résistances électriques au lieu d’un brûleur.
Composants clés :
Thermostat : Généralement électronique, programmable. Certains modèles sont connectés (Wi-Fi).
Disjoncteur : Chaque plinthe ou groupe de plinthes est protégé par un disjoncteur dédié (souvent 15 A ou 20 A).
Fil chauffant : Résistance électrique enroulée dans un isolant.
Avantages :
Installation simple et peu coûteuse.
Aucun entretien (pas de filtre, pas de brûleur, pas de circulation d’eau).
Silencieux (sauf les aérothermes).
Contrôle individuel par pièce.
Inconvénients :
Coût d’exploitation peut être élevé si l’électricité est chère (hors Québec).
Peut assécher l’air.
Moins efficace pour chauffer de grands espaces ouverts.
Confort moins uniforme (air chaud au plafond, froid au sol).
2.3 Normes et codes applicables au Québec
En tant que technicien ou installateur, tu dois connaître les normes qui encadrent l’installation et l’entretien des systèmes de chauffage. Le non-respect peut entraîner des amendes, des refus d’assurance, ou pire, des accidents.
2.3.1 Code de construction du Québec (Chapitre I - Bâtiment)
Référence : Le Code de construction du Québec (CCQ) reprend en grande partie le Code national du bâtiment (CNB) avec des modifications propres au Québec.
Points clés :
Section 9.33 – Chauffage et climatisation : Exigences minimales pour les systèmes de chauffage (capacité, distribution, sécurité).
Section 9.36 – Efficacité énergétique : Depuis 2015, les nouvelles constructions doivent respecter des exigences d’efficacité énergétique (NECB ou performance équivalente). Les systèmes de chauffage doivent être dimensionnés en fonction des pertes thermiques calculées.
Exigences pour les conduits : Les conduits doivent être étanches (test d’étanchéité obligatoire pour les nouvelles constructions). L’isolation des conduits en zone non chauffée est obligatoire.
2.3.2 Normes CSA (Association canadienne de normalisation)
CSA B139 – Installation du mazout : C’est la norme de référence pour tout ce qui touche au mazout (réservoirs, tuyauterie, brûleurs, ventilation). Elle couvre l’installation, l’entretien et le démantèlement.
Réservoirs : Doivent être installés à l’extérieur ou dans un local dédié. Capacité maximale, distance par rapport aux murs, etc.
Ventilation : Exigences strictes pour l’évacuation des gaz de combustion.
Détection de fuites : Obligation d’installer un détecteur de fuite de mazout.
CSA 2.1 – Appareils à gaz : Couvre les fournaises, chaudières, chauffe-eau au gaz. Exigences de sécurité (arrêt de flamme, thermostat de sécurité, etc.).
CSA C22.1 – Code canadien de l’électricité (CCE) : Pour les systèmes électriques (plinthes, fournaises électriques). Exigences pour le câblage, les disjoncteurs, les thermostats.
2.3.3 RBQ (Régie du bâtiment du Québec)
Rôle : La RBQ émet les licences d’entrepreneur et veille à la conformité des travaux.
Obligations :
Licence : Pour installer, réparer ou entretenir un système de chauffage (sauf les plinthes électriques simples), tu dois travailler pour un entrepreneur titulaire d’une licence RBQ (sous-catégorie 1.2 – Chauffage, ou 1.1 – Génie civil, selon le cas).
Permis : Certains travaux (changement de chaudière, installation d’un réservoir de mazout) peuvent nécessiter un permis de la municipalité.
Garantie : Les travaux doivent être couverts par la garantie de construction résidentielle (GCR) pour les maisons neuves.
2.3.4 CCQ (Commission de la construction du Québec)
Rôle : Gère la main-d’œuvre et la formation dans le secteur de la construction.
Obligations :
Carte de compétence : Pour travailler sur un chantier de construction, tu dois détenir une carte de compétence CCQ valide (apprenti, compagnon, etc.).
Heures de formation : La formation continue est obligatoire pour maintenir ta carte.
Salaire : Les salaires sont fixés par décret (convention collective).
2.4 Calcul de la charge thermique et dimensionnement
Avant d’installer un système, il faut déterminer la puissance nécessaire pour chauffer le bâtiment. Un système sous-dimensionné ne pourra pas maintenir la température ; un système surdimensionné coûtera plus cher et fonctionnera par cycles courts (moins efficace).
2.4.1 Principes de base du calcul de charge
La charge thermique (ou perte de chaleur) est la quantité de chaleur qui s’échappe du bâtiment par les murs, le toit, les fenêtres, les portes et par l’air renouvelé (infiltration).
Formule simplifiée (méthode des degrés-jours) :
Terme
Valeur / signification
**Formule**
Q = (U × A × ΔT) ÷ 1000
Q
Charge thermique (kW)
U
Coefficient de transmission thermique (W/m²·K); c’est l’inverse de la résistance thermique totale : **U = 1 ÷ R**
A
Surface de l’élément (m²)
ΔT
Écart entre la température intérieure visée (21 °C) et la température extérieure de calcul
1000
Conversion des watts en kilowatts
Exemple concret :
Mur extérieur : surface A = 20 m², résistance thermique R = 4 m²·K/W (donc U = 0,25 W/m²·K).
Température intérieure : 21 °C. Température extérieure : -25 °C. ΔT = 46 °C (ou 46 K).
Perte par le mur : Q = (0,25 × 20 × 46) ÷ 1000 = 0,23 kW.
Méthode complète (CSA F280) :
C’est la norme à suivre pour un dimensionnement professionnel.
Elle prend en compte :
Les pertes par les murs, le toit, le plancher (selon l’isolation).
Les pertes par les fenêtres et les portes (selon le type de vitrage).
Les pertes par infiltration d’air (fuites autour des fenêtres, des portes, etc.).
Les gains internes (appareils électriques, occupants, éclairage).
Les gains solaires (apports de chaleur par le soleil).
Logiciels : Des outils comme HOT2000 (RNCan) ou Right-J sont utilisés par les professionnels. Ils génèrent un rapport détaillé.
2.4.2 Dimensionnement d’une fournaise à air pulsé
Capacité : La fournaise doit avoir une puissance (en BTU/h ou kW) supérieure ou égale à la charge thermique calculée.
Formule de conversion : 1 kW = 3412 BTU/h.
Exemple : Charge calculée = 15 kW. Puissance de la fournaise = 15 kW × 3412 = 51 180 BTU/h. On choisit une fournaise de 60 000 BTU/h (modèle standard).
Débit d’air : La fournaise doit fournir un débit d’air suffisant pour distribuer la chaleur.
Règle générale : 400 à 450 pi³/min (CFM) par 12 000 BTU/h (1 tonne de climatisation).
Pour le chauffage : Environ 350 à 400 CFM par 10 000 BTU/h.
La vitesse de l’eau dans les tuyaux ne doit pas dépasser 4 à 6 pi/s (pour éviter le bruit et l’érosion).
Utilise un tableau de pertes de charge (head loss) pour choisir le diamètre des tuyaux en fonction du débit.
Conseil : Installe un vase d’expansion dimensionné selon le volume total d’eau du système (généralement 10 à 15 % du volume).
2.4.4 Dimensionnement des plinthes électriques
Puissance : La puissance totale des plinthes dans une pièce doit être égale à la charge thermique de cette pièce.
Règle empirique : 10 Watts par pied carré (pour une construction standard avec isolation R-20 dans les murs).
Exemple : Pièce de 12 pi × 14 pi = 168 pi². Puissance nécessaire = 168 × 10 = 1680 W. On installe une plinthe de 1500 W ou deux plinthes de 1000 W.
Disjoncteur : Chaque plinthe ou groupe de plinthes doit être protégé par un disjoncteur.
Calcul : Intensité (A) = Puissance (W) / Tension (V) (généralement 240 V au Québec).
Exemple : Plinthe de 1500 W. Intensité = 1500 / 240 = 6,25 A. On utilise un disjoncteur de 15 A (marge de sécurité).
Thermostat : Chaque pièce doit avoir son propre thermostat (sauf si le zoning est centralisé). Les thermostats électroniques programmables sont recommandés.
2.5 Diagnostic des pannes courantes
Savoir diagnostiquer une panne rapidement est une compétence essentielle. Voici les problèmes les plus fréquents pour chaque type de système.
L’examen de certification (RBQ ou CCQ) peut être exigeant. Voici des conseils pour maximiser tes chances de réussite.
2.6.1 Préparation théorique
Maîtrise les normes : Les questions sur les normes (CSA B139, CSA 2.1, Code de construction) sont fréquentes. Utilise des fiches de révision.
Comprends les formules : Ne mémorise pas bêtement. Comprends la relation entre les variables (ex. : plus la résistance R est grande, plus la perte de chaleur est faible).
Connais les composants : Sois capable de nommer et de décrire le rôle de chaque composant d’une fournaise, d’une chaudière et d’une plinthe électrique.
Étudie les pannes : Les questions de diagnostic sont courantes. Utilise des tableaux comme ceux ci-dessus.
Révise les conversions : BTU/h ↔ kW, °C ↔ °F, pi³/min (CFM) ↔ m³/h, etc.
2.6.2 Stratégie d’examen
Lis attentivement les questions : Certaines questions pièges utilisent des termes comme « sauf », « à l’exception de », « le plus important ».
Gère ton temps : Si une question te prend trop de temps, passe à la suivante et reviens-y plus tard.
Utilise le processus d’élimination : Élimine les réponses clairement fausses pour augmenter tes chances.
Vérifie tes calculs : Les erreurs de calcul sont fréquentes. Refais les calculs mentalement ou sur papier si possible.
Ne panique pas : Si tu ne connais pas une réponse, fais une supposition éclairée. Il n’y a pas de pénalité pour les mauvaises réponses.
2.6.3 Ressources utiles
Manuels de formation : Les manuels des centres de formation professionnelle (CFP) sont une excellente référence.
Sites web :
Régie du bâtiment du Québec (RBQ) : Informations sur les normes et les licences.
Commission de la construction du Québec (CCQ) : Informations sur les cartes de compétence et la formation.
CSA Group : Normes techniques (payantes, mais disponibles en bibliothèque).
Ressources naturelles Canada (RNCan) : Guides sur l’efficacité énergétique (HOT2000).
Applications mobiles : Certaines applications proposent des quiz de révision pour les examens de certification.
2.7 Résumé du chapitre
Principes de transfert de chaleur : La conduction (à travers les solides), la convection (par mouvement de fluide) et le rayonnement (ondes électromagnétiques) sont les trois mécanismes de base. Chaque système de chauffage utilise une combinaison de ces principes.
Types de systèmes :
Air pulsé (fournaise) : Système le plus répandu, rapide, mais peut assécher l’air. Composants clés : fournaise, échangeur de chaleur, ventilateur, conduits.
Électrique (plinthes) : Simple, peu coûteux à installer, mais coût d’exploitation variable. Composants : résistance, thermostat, disjoncteur.
Normes et codes : Le Code de construction du Québec, les normes CSA (B139 pour le mazout, 2.1 pour le gaz, C22.1 pour l’électricité) et les exigences de la RBQ et de la CCQ encadrent l’installation et l’entretien. Le non-respect peut entraîner des sanctions graves.
Calcul de charge : Le dimensionnement correct est essentiel. Utilise la méthode des degrés-jours ou la norme CSA F280. Les logiciels comme HOT2000 simplifient le calcul. Un système surdimensionné ou sous-dimensionné est inefficace.
Diagnostic : Les pannes courantes sont souvent liées à des filtres encrassés, des problèmes de thermostat, des fuites d’air ou d’eau, des pompes bloquées ou des disjoncteurs déclenchés. Un diagnostic méthodique (vérifier l’alimentation, le thermostat, le filtre, puis les composants) est la clé.
Examen : Prépare-toi en maîtrisant les normes, les formules et les composants. Utilise des fiches de révision et des quiz. Gère ton temps et lis attentivement les questions.
Fin du chapitre 2
Les systèmes de chauffage sont classés selon le type d'énergie utilisé et le mode de distribution de la chaleur. Les principaux types de systèmes de chauffage sont les systèmes à air pulsé (fournaises), les systèmes à eau chaude (chaudières), les systèmes électriques (plinthes, radiateurs), et les systèmes à rayonnement (planchers ou plafonds chauffants). Au Québec, les fournaises électriques et les chaudières au gaz naturel sont les systèmes les plus répandus dans les résidences.
Les fournaises à air pulsé fonctionnent en chauffant l'air dans un échangeur de chaleur et en le distribuant dans le bâtiment via un réseau de conduits. Le rendement d'une fournaise est exprimé par son AFUE (Annual Fuel Utilization Efficiency). Les fournaises à haut rendement (AFUE supérieur à 90%) sont dotées d'un échangeur de chaleur secondaire qui récupère la chaleur des gaz de combustion. Les chaudières à eau chaude chauffent l'eau dans un récipient sous pression et la distribuent vers des radiateurs, des planchers chauffants ou des ventilo-convecteurs.
Les planchers chauffants rayonnants offrent un confort thermique supérieur en chauffant les surfaces plutôt que l'air ambiant. Ils fonctionnent à une température d'eau plus basse que les radiateurs traditionnels, ce qui les rend compatibles avec les pompes à chaleur et les systèmes solaires thermiques. L'installation des tuyaux de plancher chauffant doit respecter des espacements précis pour assurer une distribution uniforme de la chaleur. La dalle de béton sert de masse thermique et stabilise la température intérieure.
Les systèmes de chauffage à air pulsé sont équipés de filtres à air qui doivent être remplacés régulièrement pour maintenir l'efficacité du système et la qualité de l'air intérieur. Les filtres sont classés selon leur MERV (Minimum Efficiency Reporting Value), qui varie de 1 à 16. Les filtres de catégorie MERV 8 à 13 sont recommandés pour les résidences. Les conduits d'air doivent être isolés dans les espaces non chauffés pour réduire les pertes de chaleur et prévenir la condensation. L'équilibrage du réseau de conduits est essentiel pour assurer une distribution uniforme de l'air dans toutes les pièces.
Les chaudières à condensation offrent un rendement supérieur aux chaudières conventionnelles en récupérant la chaleur latente des gaz de combustion. Le rendement saisonnier d'une chaudière à condensation peut atteindre 95% à 98%. Les gaz de combustion sont refroidis en dessous de leur point de rosée, ce qui produit un condensat acide qui doit être neutralisé avant d'être rejeté à l'égout. Un neutralisateur de condensat contenant du carbonate de calcium est