Chapter I

Moteurs diesel

Metierium study guide with diagrams.

Chapitre 1 : Moteurs diesel

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : moteur diesel, injection haute pression, lubrification, refroidissement, suralimentation et post-traitement. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 1.1 Principes de fonctionnement du moteur diesel, 1.2 Composants principaux du moteur diesel et 1.2.1 Bloc moteur et culasse.

1.1 Principes de fonctionnement du moteur diesel

Schéma animé — le cycle à 4 temps en action : observez le piston, les soupapes et le vilebrequin. La surbrillance à gauche indique le temps en cours. Remarquez que le diesel s'enflamme sans bougie, par simple compression.

Cycle à 4 temps d'un moteur diesel — animation Cycle à 4 temps — moteur diesel Admission → Compression → Combustion (détente) → Échappement AIR ÉCHAPP. Vilebrequin — 2 tours par cycle 1. ADMISSION 2. COMPRESSION 3. COMBUSTION 4. ÉCHAPPEMENT Le piston descend, soupape d'admission ouverte : l'air entre Piston remonte, tout fermé : l'air est comprimé (≈ 400 °C) Injection de diesel : auto-inflammation → poussée Piston remonte, soupape échapp. ouverte : gaz expulsés Le diesel n'a pas de bougie : l'air comprimé devient assez chaud pour enflammer le carburant injecté
Cycle diesel 4 temps : admission, compression, combustion/détente, échappement (animation) Cycle diesel à 4 temps 1. Admission Soupape adm. ouverte Piston descend Air pur aspiré 2. Compression Soupapes fermées Le piston monte Air comprimé ~700 °C 3. Combustion Injection carburant Auto-inflammation Détente, piston descend 4. Échappement Soupape éch. ouverte Le piston monte Gaz expulsés Soupape ouverte (adm.) Soupape ouverte (éch.) Soupape fermée Combustion Allumage par compression — pas de bougie (contrairement au moteur à essence)

Le moteur diesel est un moteur à combustion interne à allumage par compression, contrairement au moteur à essence qui utilise une bougie d'allumage. Inventé par Rudolf Diesel en 1892, ce type de moteur est universellement utilisé dans les véhicules lourds (camions, autobus, machinerie lourde) en raison de son rendement thermique supérieur et de sa robustesse. Le cycle diesel fonctionne selon le principe des quatre temps : admission, compression, combustion/détente et échappement.

Admission : Le piston descend, la soupape d'admission s'ouvre, et l'air atmosphérique est aspiré dans le cylindre. Contrairement à un moteur à essence, aucun mélange air-carburant n'est formé à ce stade — seul l'air entre.
Compression : Le piston remonte, comprimant l'air à un rapport volumétrique de 14:1 à 25:1 (contre 8:1 à 12:1 pour l'essence). La température de l'air monte à 500-700 °C, bien au-dessus du point d'auto-inflammation du carburant diesel.
Combustion/Détente : Le carburant diesel est injecté sous très haute pression (1 400 à 3 000 bar dans les systèmes common rail modernes) directement dans la chambre. L'injection est atomisée en fines gouttelettes qui s'enflamment spontanément au contact de l'air chaud. La pression de combustion atteint 100 à 200 bar, repoussant le piston vers le bas.
Échappement : La soupape d'échappement s'ouvre, les gaz brûlés sont expulsés par le piston qui remonte.

Cycle à deux temps : Certains moteurs diesel lourds (notamment les moteurs marins et locomotives) utilisent un cycle à deux temps, où admission et compression se font simultanément grâce à une soufflante de balayage. Ce cycle double la puissance pour une cylindrée donnée, mais augmente la consommation et les émissions.

1.2 Composants principaux du moteur diesel

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : moteur diesel, injection haute pression, lubrification, refroidissement, suralimentation et post-traitement. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 1.2.1 Bloc moteur et culasse, 1.2.2 Pistons, bielles et vilebrequin et 1.2.3 Système de distribution.

1.2.1 Bloc moteur et culasse

Le bloc moteur (ou monobloc) est la structure principale en fonte ou en aluminium qui loge les cylindres. Les parois des cylindres sont usinées avec précision et peuvent être revêtues de chemises amovibles (chemises humides ou sèches) qui facilitent le remplacement. La culasse est fixée sur le bloc par des goujons et scellée par le joint de culasse.

Chemises humides : En contact direct avec le liquide de refroidissement — meilleur refroidissement, mais risque de fuite si les joints circulaires (O-Ring) sont endommagés.
Chemises sèches : Insérées dans le bloc, sans contact avec le liquide — plus robustes mais dissipation thermique moins efficace.

1.2.2 Pistons, bielles et vilebrequin

Les pistons sont en alliage d'aluminium forgé ou en fonte pour les applications les plus lourdes. Ils comportent des gorges de segments : segments de compression (étanchéité gaz), segments racleurs (contrôle de l'huile). La bielle relie le piston au vilebrequin, transformant le mouvement linéaire en mouvement rotatif. Le vilebrequin est en acier forgé trempé, monté sur des paliers lisses (coussinets) lubrifiés sous pression.

Les volants d'inertie (au nombre de 2 à 8 selon le moteur) équilibrent les forces alternées.
Le damper (amortisseur de vibrations torsionnelles) protège le vilebrequin des harmoniques destructrices.

1.2.3 Système de distribution

La distribution synchronise l'ouverture des soupapes avec la position du piston. Elle comprend :

Arbre à cames en tête (SOHC ou DOHC) ou arbre à cames latéral avec culbuteurs et tringlerie.
Courroie de distribution (caoutchouc renforcé) ou chaîne de distribution (acier, plus durable) ou engrenages (pour les moteurs industriels les plus robustes).
Poussoirs hydrauliques : Compensent automatiquement le jeu aux soupapes.
Calage variable (VVT) : Sur certains moteurs modernes, optimise le rendement à tous les régimes.

1.2.4 Turbocompresseur et suralimentation

Le turbocompresseur (turbo) est un élément clé des moteurs diesel modernes. Il utilise l'énergie des gaz d'échappement pour comprimer l'air d'admission, augmentant la densité de l'air et donc la puissance du moteur. Composé de deux parties :

Turbine : Entraînée par les gaz d'échappement (800-1 000 °C).
Compresseur : Comprime l'air d'admission (jusqu'à 3-4 bar de pression absolue).

Types de turbocompresseurs :

Turbo à géométrie variable (VGT) : Ailettes orientables qui permettent d'adapter la pression de suralimentation au régime moteur. Également utilisé comme rétardateur (engine brake).
Turbocompresseur à deux étages (séquentiel ou parallèle) : Deux turbos de tailles différentes pour optimiser la réponse à bas régime et la puissance à haut régime.
Wastegate : Soupape de décharge qui contourne la turbine pour limiter la pression de suralimentation.

Refroidisseur d'air de suralimentation (intercooler) : Refroidit l'air comprimé (qui s'est échauffé à 100-200 °C) avant son entrée dans le moteur, augmentant la densité de l'air et réduisant les NOx.

1.3 Système d'injection diesel

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : moteur diesel, injection haute pression, lubrification, refroidissement, suralimentation et post-traitement. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 1.3.1 Injection mécanique (pompe en ligne et rotative), 1.3.2 Injection électronique et common rail et 1.3.3 Unités d'injection (Pump-injector / Unit Injector).

1.3.1 Injection mécanique (pompe en ligne et rotative)

Pompe en ligne : Chaque cylindre a son propre élément de pompage (plongeur + cylindre). Permet des pressions de 200 à 700 bar. Robuste, mais volumineuse.
Pompe rotative (Bosch VE, Lucas DPC) : Un seul élément rotatif distribue le carburant à chaque injecteur via un distributeur rotatif. Plus compacte, utilisée sur les moteurs légers.
Injecteurs mécaniques : S'ouvrent à une pression de tarage prédéterminée (150-300 bar) grâce à un ressort taré.
Porte-injecteurs : Maintiennent l'injecteur en place, assurent l'étanchéité et l'alimentation en carburant.

1.3.2 Injection électronique et common rail

Le système Common Rail (inventé par Magneti Marelli, développé par Bosch dans les années 1990) est le standard moderne. Il comporte :

47.Pompe haute pression (pompe à pistons radiaux CP1, CP3, CP4) : Alimentée par le vilebrequin, génère une pression continue de 1 600 à 3 000 bar.
48.Rampe commune (rail) : Accumulateur qui maintient une pression constante quel que soit le régime.
49.Injecteurs pilotés électrohydrauliquement : S'ouvrent et se ferment via une électrovanne ou un actionneur piézoélectrique commandé par l'ECU.
50.Capteurs : Pression rail, température carburant, position vilebrequin, phase arbre à cames.

Avantages du Common Rail :

Multi-injections : Jusqu'à 8 injections par cycle (pré-injection, injection principale, post-injection) pour réduire le bruit (cliquetis diesel), les émissions et le couple de pointe.
Pression variable indépendante du régime moteur.
Injection pilote : Une petite quantité de carburant injectée avant l'injection principale pour préchauffer la chambre et réduire le délai d'allumage.
Post-injection : Pour régénérer le filtre à particules (FAP/DPF).

1.3.3 Unités d'injection (Pump-injector / Unit Injector)

Chaque cylindre possède sa propre pompe-injecteur combinée, actionnée par l'arbre à cames. Utilisé sur certains moteurs Detroit Diesel, Cummins et Volkswagen TDI. Pressions jusqu'à 2 200 bar. Avantage : pas de conduites haute pression entre pompe et injecteur. Inconvénient : encombrement dans la culasse.

1.4 Système de lubrification

La lubrification est essentielle à la survie du moteur diesel à cause des pressions et températures extrêmes. Le circuit comprend :

60.Carter d'huile (bac) : Réservoir d'huile, capacité 15 à 40 litres selon le moteur.
61.Pompe à huile (à engrenages ou à lobes) : Aspire l'huile du carter et la refoule sous pression (3-8 bar à chaud).
62.Filtre à huile : Filtre les particules (5-30 microns). Peut être à écoulement total (full-flow) ou by-pass.
63.Refroidisseur d'huile : Échangeur thermique (air-huile ou eau-huile) qui maintient l'huile sous 130 °C.
64.Galeries d'huile : Canaux usinés dans le bloc et le vilebrequin pour acheminer l'huile aux paliers, came, culbuteurs.

Types d'huiles : Spécifications API CK-4 (norme nord-américaine) ou ACEA E4/E7 (européenne) pour moteurs diesel lourds. Viscosités courantes : 15W-40, 10W-30, 5W-40. La viscosité doit être adaptée à la température ambiante (selon le tableau SAE J300).

Normes CCQ/CSA : Au Québec, la norme CSA B354 et les règlements de la CCQ exigent l'utilisation d'huiles approuvées et des vidanges selon les préconisations du fabricant (généralement 15 000 à 50 000 km selon le moteur).

1.5 Système de refroidissement

Le refroidissement des moteurs diesel est critique car la chaleur de combustion atteint 2 000 °C. Le système maintient la température entre 80 °C et 95 °C (thermostat).

Composants :

Radiateur : Échangeur air-liquide, souvent monté en batterie (radiateur principal + radiateur de retour EGR + refroidisseur d'huile).
Pompe à eau (centrifuge, entraînée par courroie) : Fait circuler le liquide de refroidissement.
Thermostat : Vanne thermostatique qui régule le débit entre le petit circuit (by-pass) et le grand circuit (radiateur).
Ventilateur de refroidissement : Entraîné par visco-coupleur (embrayage thermostatique), hydraulique ou électrique.
Bocal d'expansion : Maintient la pression du circuit (0,5-1,5 bar) via le bouchon de radiateur (soupape de surpression).
Liquide de refroidissement : Mélange 50/50 d'eau déminéralisée et de glycol (éthylène glycol ou propylène glycol), avec additifs anticorrosion (OAT, HOAT ou IAT). Les normes CSA B51 et CSA Z321 encadrent la conception des circuits sous pression.

1.6 Système d'échappement et post-traitement

Les moteurs diesel modernes doivent respecter les normes EPA Tier 4 Final (États-Unis), CARB (Californie) et CSA/CNESST au Québec. Le système de post-traitement comprend :

78.Collecteur d'échappement : Canalisations en fonte qui recueillent les gaz de chaque cylindre.
79.Turbocompresseur : (décrit ci-dessus).
80.EGR (Recirculation des gaz d'échappement) : Réinjecte une partie des gaz dans l'admission pour abaisser la température de combustion et réduire le NOx. Refroidi ou non. Les dérivations (EGR coolers) sont sujettes à l'encrassement et aux fissures.
81.DPF (Diesel Particulate Filter) : Filtre à particules qui capture les suies (PM 2,5). Régénération passive (à haute température, combustion continue des suies) ou active (post-injection dans le cylindre ou injection dans l'échappement pour monter la température > 600 °C).
82.SCR (Selective Catalytic Reduction) : Injection d'AdBlue/DEF (urée, 32,5 %) dans le catalyseur SCR pour convertir les NOx en azote (N₂) et vapeur d'eau (H₂O). Température optimale : 250-500 °C.
83.DOC (Diesel Oxidation Catalyst) : Catalyseur d'oxydation qui convertit le CO et les HC en CO₂ et H₂O.
84.Silencieux : Réduit le bruit d'échappement.

Mise en garde : Les systèmes de post-traitement sont très sensibles au carburant de mauvaise qualité (soufre > 15 ppm) et à l'huile moteur non conforme (cendres sulfatées élevées). Au Québec, la CNESST exige que les travaux sur les systèmes d'échappement respectent les normes de sécurité en milieu confiné.

1.7 Entretien et diagnostic des moteurs diesel

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : moteur diesel, injection haute pression, lubrification, refroidissement, suralimentation et post-traitement. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 1.7.1 Entretien préventif, 1.7.2 Diagnostic des pannes courantes et 1.7.3 Tests et équipements de diagnostic.

1.7.1 Entretien préventif

89.Vidange d'huile et filtre : Toutes les 15 000-50 000 km (selon fabricant et conditions d'utilisation).
90.Remplacement du filtre à carburant : Tous les 20 000-40 000 km. Essentiel pour protéger le système d'injection haute pression.
91.Purge du séparateur d'eau : Le filtre à carburant comporte une cuve de décantation — vidanger l'eau accumulée pour éviter la corrosion et la cavitation dans les injecteurs.
92.Remplacement de la courroie/chaîne de distribution : Selon les préconisations (généralement 200 000-500 000 km pour la chaîne, 100 000-200 000 km pour la courroie).
93.Nettoyage ou remplacement du filtre à air : Tous les 30 000-60 000 km.
94.Contrôle du niveau de liquide de refroidissement et d'AdBlue : À chaque plein de carburant.
95.Analyse d'huile : Prélèvement et analyse en laboratoire (spectrométrie) pour détecter l'usure anormale des métaux (fer, cuivre, plomb, aluminium) et la contamination (glycol, carburant, eau).

1.7.2 Diagnostic des pannes courantes

Problèmes de démarrage :

Mauvais délai de préchauffage : Vérifier les bougies de préchauffage (glow plugs) et leur relais. Les bougies défectueuses causent des démarrages difficiles par temps froid.
Pression d'injection insuffisante : Pompe haute pression usée, injecteurs encrassés ou fuite aux conduites haute pression.
Compression insuffisante : Segments usés, soupapes brûlées, joint de culasse détruit. Test de compression : pression minimale de 18-25 bar selon le moteur (avec un écart < 10 % entre cylindres).

Perte de puissance :

Turbo défaillant : Jeu excessif dans les paliers flottants, ailettes de VGT bloquées, fuite au circuit d'huile du turbo.
Filtre à air obstrué : Restriction d'admission > 25 pouces d'eau (mesurée au manomètre).
DPF colmaté : Pression différentielle > 300 mbar (mesurée entre amont et aval du DPF). Régénération forcée nécessaire.
EGR bloqué : Vanne EGR encrassée en position ouverte ou fermée.
Fuite d'air d'admission : Tuyaux du charge-air (intercooler) fissurés, colliers desserrés.

Fumée anormale :

Fumée noire : Excès de carburant (injecteurs qui gouttent, pression rail trop élevée), manque d'air (filtre bouché, turbo faible).
Fumée bleue : Huile brûlée — segments usés, guides de soupapes usés, turbo qui fuit côté compresseur.
Fumée blanche : Carburant non brûlé (injecteur défaillant, préchauffage insuffisant) ou liquide de refroidissement dans la chambre (joint de culasse claqué).

1.7.3 Tests et équipements de diagnostic

Analyseur de gaz d'échappement (5 gaz) : CO, CO₂, HC, NOx, O₂. Ordre de grandeur pour un moteur diesel : O₂ 5-15 %, CO < 0,1 %, HC < 100 ppm, NOx 200-1 500 ppm.
Manomètre de compression (test de fuite) : Mesure la pression de chaque cylindre.
Test de fuite au cylindre (leak-down test) : Injecte de l'air comprimé dans le cylindre en PMH, écoute les fuites (échappement, admission, carter).
Lecteur de codes OBD-II / SAE J1939 : Scanne les codes d'anomalie (DTC) du module de contrôle moteur (ECM/ECU).
Oscilloscope : Analyse les signaux des capteurs (débimètre d'air MAF, pression rail, signal de came/crank).

La norme SAE J1939 est le protocole de communication standard pour les véhicules lourds nord-américains, utilisant le bus CAN 2.0B (250 kbit/s). Les paramètres (SPN) et codes de diagnostic (FMI) sont standardisés. Exemple : SPN 100 / FMI 1 — Pression d'huile moteur basse.

1.8 Carburant diesel : propriétés et normes

Le carburant diesel (gazole) est un distillat moyen du pétrole. Propriétés clés :

Indice de cétane : Mesure de la qualité d'auto-inflammation (40-55 pour le diesel standard, > 55 pour le diesel premium). Un indice cétane élevé réduit le délai d'allumage et le cliquetis.
Teneur en soufre : Limitée à 15 ppm (Ultra Low Sulphur Diesel — ULSD) en Amérique du Nord depuis 2007.
Viscosité : Affecte la lubrification de la pompe et des injecteurs.
Point d'écoulement : Peut descendre à -40 °C avec additifs (diesel arctique).
Biocarburants : B5 (5 % biodiesel), B20 (20 %), jusqu'à B100. Attention : le biodiesel a un pouvoir solvant plus élevé et peut déloger les dépôts dans les réservoirs, obstruant les filtres.

Normes canadiennes : Le carburant diesel au Canada doit respecter la Règlementation sur le soufre dans le carburant diesel (Environnement Canada) et la norme CAN/CGSB-3.520 pour le diesel routier. Au Québec, la CNESST encadre le stockage et la manipulation du carburant diesel (Loi sur la santé et la sécurité du travail).

1.3 Principes de combustion des moteurs diesel

La combustion dans un moteur diesel est fondamentalement différente de celle d'un moteur à essence. Elle repose sur le principe de l'auto-inflammation : l'air est comprimé à un rapport volumétrique de 15:1 à 22:1, ce qui élève sa température à 500-700 °C. Le carburant diesel est alors injecté sous haute pression (200 à 2500 bars selon la technologie) directement dans la chambre de combustion.

La combustion se déroule en quatre phases distinctes. La phase de délai d'inflammation (retard à l'allumage) correspond au temps nécessaire au carburant pour s'évaporer, se mélanger à l'air et atteindre la température d'auto-inflammation. Le délai typique est de 0,5 à 2 millisecondes. Une prolongation excessive du délai cause une combustion brutale (cliquetis diesel).

La phase de combustion incontrôlée (prémélangée) est la combustion rapide du carburant qui s'est mélangé à l'air pendant le délai d'inflammation. Elle génère une montée en pression rapide (50 à 80 bars par degré de vilebrequin). La phase de combustion contrôlée (diffusion) est la combustion du carburant au fur et à mesure de son injection. La phase de post-combustion (combustion résiduelle) brûle les dernières particules de carburant en fin de cycle.

1.4 Systèmes d'injection diesel

Le système d'injection est le cœur du moteur diesel. Le système d'injection à rampe commune (Common Rail) est la norme depuis les années 2000. Une pompe haute pression (jusqu'à 2500 bars) alimente une rampe commune qui dessert tous les injecteurs. Chaque injecteur est piloté électroniquement par une électrovanne, permettant une injection multiphase (pré-injection, injection principale, post-injection).

L'injection unitaire (Unit Injector) combine la pompe et l'injecteur dans un seul ensemble mécanique ou hydraulique actionné par l'arbre à cames. Cette technologie est utilisée sur les gros moteurs industriels et les moteurs de camions lourds. La pression d'injection atteint 2000 bars.

Les injecteurs diesel modernes sont des composants de haute précision. Leur orifice de pulvérisation a un diamètre de 0,1 à 0,2 mm. La pulvérisation du carburant doit former un brouillard fin et homogène pour assurer une combustion complète. Le débit d'un injecteur est de 200 à 600 cm³/min à la pression nominale.

1.5 Turbo-compresseur et refroidisseur d'air de suralimentation

Le turbocompresseur (turbo) augmente la puissance du moteur diesel en comprimant l'air d'admission. Il est entraîné par les gaz d'échappement qui font tourner la turbine (jusqu'à 150 000 tr/min). L'air d'admission est comprimé par le compresseur (roue centrifuge), ce qui augmente sa densité et permet d'injecter plus de carburant.

Le refroidisseur d'air de suralimentation (intercooler ou aftercooler) refroidit l'air comprimé par le turbo avant son entrée dans les cylindres. L'air comprimé s'échauffe à 150-200°C. Le refroidisseur le ramène à 40-60°C, ce qui augmente la densité de l'air de 20 à 30 % et réduit la température de combustion (moins d'émissions de NOx).

Les turbos modernes à géométrie variable (VGT) ajustent l'angle des aubes directrices de la turbine pour optimiser la pression de suralimentation à tous les régimes. À bas régime, les aubes se ferment pour augmenter la vitesse des gaz. À haut régime, les aubes s'ouvrent pour éviter la surpression.

1.6 Système de recirculation des gaz d'échappement (EGR)

Le système EGR réduit les émissions d'oxydes d'azote (NOx) en recirculant une partie des gaz d'échappement vers l'admission. Les gaz d'échappement, pauvres en oxygène, réduisent la température de combustion. La vanne EGR contrôle le débit de gaz recirculés. Sa durée de vie est de 80 000 à 150 000 km.

Deux types de systèmes EGR existent : l'EGR à haute pression (gaz prélevés avant le turbo, réinjectés après l'intercooler) et l'EGR à basse pression (gaz prélevés après le filtre à particules, réinjectés avant le compresseur). L'EGR basse pression est plus récent et offre un meilleur contrôle des émissions.

1.7 Système de post-traitement des gaz d'échappement

Les moteurs diesel modernes sont équipés de plusieurs dispositifs de post-traitement. Le catalyseur d'oxydation diesel (DOC) oxyde le monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures imbrûlés (HC) en CO₂ et H₂O. Il fonctionne à partir de 250°C avec un rendement de 90 % à 95 %.

Le filtre à particules diesel (DPF ou FAP) capture les suies (particules de carbone de 0,01 à 1 micron) sur un substrat en carbure de silicium ou en cordiérite. La régénération du filtre se fait par combustion des suies à haute température (600°C). La régénération active (injection de carburant dans l'échappement) dure 15 à 30 minutes.

Le système de réduction catalytique sélective (SCR) utilise l'AdBlue (solution d'urée à 32,5 %) pour réduire les NOx en azote et vapeur d'eau. Le dosage de l'AdBlue est de 3 à 8 % du volume de carburant consommé. Le catalyseur SCR fonctionne à 250-450°C avec un rendement de réduction des NOx de 85 à 95 %.

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