Chapter II

Transmissions et boites de vitesses

Metierium study guide with diagrams.

Chapitre 2 : Transmissions et boîtes de vitesses

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.1 Principes fondamentaux de la transmission, 2.2 Embrayage et 2.2.1 Embrayage à friction mécanique.

2.1 Principes fondamentaux de la transmission

Chaîne cinématique — flux de puissance du moteur aux roues (animation) Chaîne cinématique — Véhicule lourd Le couple du moteur traverse chaque composant jusqu'aux roues Moteur Diesel Embrayage Boîte de vitesses (8-18 rapports) Arbre de transmission Diff. Différentiel Roue Roue Flux de puissance (couple × vitesse) Chaque composant transforme le couple : Embrayage = connexion/déconnexion · Boîte = multiplication du couple · Différentiel = répartition gauche/droite Plus le rapport est court (1re) → plus de couple, moins de vitesse · Plus le rapport est long (18e) → moins de couple, plus de vitesse

La transmission d'un véhicule lourd transmet la puissance du moteur aux roues motrices en adaptant le couple et la vitesse de rotation aux conditions de roulage. Elle comprend : l'embrayage (ou convertisseur de couple), la boîte de vitesses, l'arbre de transmission (propulsion), le différentiel et les essieux. La transmission détermine la capacité à gravir des pentes, à remorquer des charges et à maintenir une vitesse de croisière économique.

Rapport de démultiplication : Rapport entre le nombre de dents de la roue menée et le nombre de dents de la roue menante. Un rapport élevé (ex. 4,56:1) favorise le couple au démarrage ; un rapport bas (ex. 0,73:1) favorise la vitesse et l'économie de carburant.

2.2 Embrayage

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.2.1 Embrayage à friction mécanique et 2.2.2 Embrayage hydraulique et assistance pneumatique.

2.2.1 Embrayage à friction mécanique

L'embrayage permet d'interrompre temporairement la transmission de puissance pour changer de vitesse ou immobiliser le véhicule moteur tournant. Composants :

Disque d'embrayage : Disque en acier avec garnitures de friction (amat) rivetées ou collées. Diamètre 350-430 mm pour les poids lourds. Le moyeu central est cannelé pour coulisser sur l'arbre primaire de la boîte.
Plateau de pression (diaphragme ou ressorts hélicoïdaux) : Maintient le disque serré contre le volant moteur.
Butée d'embrayage (de débrayage) : Actionnée par la fourchette et la timonerie (mécanique, hydraulique ou pneumatique).
Volant moteur : Grande masse en fonte qui stocke l'énergie cinétique.

Types :

Embrayage monodisque à sec : Standard sur les poids lourds. Un seul disque à sec.
Embrayage bidisque : Deux disques de friction pour transmettre un couple plus élevé (moteurs > 450 ch).
Embrayage à diaphragme : Le ressort diaphragme remplace les ressorts hélicoïdaux — effort réduit, course constante.

2.2.2 Embrayage hydraulique et assistance pneumatique

Les poids lourds modernes utilisent souvent un système hydraulique avec assistance pneumatique (servo-embrayage) :

21.La pédale d'embrayage actionne le maître-cylindre (émetteur).
22.Le fluide hydraulique transmet la pression au cylindre récepteur.
23.Un servo-pneumatique utilise l'air comprimé du circuit de freinage pour amplifier l'effort.

Réglage : La garde libre de la pédale (course avant le début du débrayage) doit être de 20-40 mm. La course totale est de 150-200 mm. Un réglage incorrect provoque un patinage de l'embrayage (garde insuffisante) ou un débrayage incomplet (garde excessive), causant un grattement lors des changements de vitesse.

2.3 Boîtes de vitesses manuelles

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.3.1 Boîte manuelle à engrenages constants, 2.3.2 Boîte à 10, 13 et 18 vitesses (Eaton Fuller) et 2.3.3 Lubrification des boîtes manuelles.

2.3.1 Boîte manuelle à engrenages constants

Boîte de vitesses — démultiplication par engrenages (animation) Démultiplication par engrenages — le petit mène le grand Le pignon d'entrée (12 dents) tourne 3 fois plus vite que la roue de sortie (36 dents) — rapport 3:1 ARBRE PRIMAIRE entrée — 12 dents 3 tours — rapide ARBRE SECONDAIRE sortie — 36 dents 1 tour — couple ×3 engrènement Rapport = dents menées ÷ dents menantes = 36 ÷ 12 = 3:1 Plus le rapport est grand → sortie plus lente, mais couple multiplié (force de traction)

Les boîtes modernes sont à engrenages constants en prise et à baladeurs (synchronisés ou non). L'arbre primaire (input shaft) entraîne le réducteur primaire. L'arbre secondaire (output shaft / main shaft) est connecté à la transmission. Les engrenages tournent librement sur l'arbre secondaire jusqu'à ce qu'un baladeur (sleeve) les verrouille via un moyeu à cannelures.

Synchroniseurs : Utilisent un cône de friction (en laiton, bronze ou matériau fritté) pour égaliser les vitesses des pignons avant l'engagement des dents. Composants :

Bague de synchronisation (blocage) — en bronze fritté.
Ressorts et billes de verrouillage.
Baladeur et moyeu.

2.3.2 Boîte à 10, 13 et 18 vitesses (Eaton Fuller)

Les standards dans l'industrie nord-américaine sont les boîtes Eaton Fuller (Roadranger) :

Boîte 10 vitesses (RTLO-14918B) : 5 rapports avant + section divisionnaire (splitter) haute/basse. Levier à 2 positions de rappel (H/L) actionné par l'opérateur. Procédure : 1-2-3-4-5 en basse gamme, puis splitter HI pour 6-7-8-9-10.
Boîte 13 vitesses (RTLO-16913A) : Ajoute une gamme rampante (creeper) ou un sectionneur de gamme (range) supplémentaire.
Boîte 18 vitesses : Combinaison de sections divisionnaires et gamme pour maximiser les rapports utilisables avec des charges extrêmes.

Procédure de passage des vitesses (double débrayage) :

40.Débrayer et passer au point mort.
41.Relâcher l'embrayage pour synchroniser le régime moteur avec la vitesse de l'arbre secondaire.
42.Embrayer de nouveau et engager le rapport souhaité.

Gamme et sectionneur :

Le sélecteur de gamme (range) commute entre les rapports bas (L) et hauts (H) — généralement actionné par un interrupteur électropneumatique sur le levier.
Le sélecteur de section (splitter) divise chaque rapport en deux (HI/LO) — actionné par un bouton poussoir.

2.3.3 Lubrification des boîtes manuelles

Les boîtes manuelles utilisent de l'huile SAE 50 ou 80W-90, conforme à la spécification API GL-4 ou GL-5 (selon le fabricant). Les boîtes Eaton Fuller utilisent de l'huile synthétique PS-386 ou SAE 50. Capacité : 10 à 20 litres selon la taille. Le niveau se vérifie par le bouchon de remplissage latéral.

2.4 Boîtes de vitesses automatisées et automatiques

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.4.1 Boîte automatisée à embrayage unique (AMT), 2.4.2 Boîte automatique à convertisseur de couple et 2.4.3 Boîte à double embrayage (DCT) pour poids lourds.

2.4.1 Boîte automatisée à embrayage unique (AMT)

L'AMT (Automated Manual Transmission) est une boîte manuelle dont l'embrayage et les passages de vitesse sont contrôlés par des actionneurs électrohydrauliques ou électropneumatiques commandés par l'ECU de transmission (TCM). Exemples : Eaton UltraShift, Volvo I-Shift, Detroit DT12.

Fonctionnement :

53.Le TCM calcule le rapport optimal basé sur la charge, la vitesse, le régime, la pente.
54.Un actionneur pneumatique débraye.
55.Des vérins pneumatiques ou moteurs électriques déplacent les baladeurs et actionnent les sectionneurs.
56.Le moteur est asservi par l'ECM (régulation du régime via le J1939 CAN bus) pour synchroniser sans embrayage.

Avantages : Économie de carburant (5-10 %), confort, réduction de l'usure de l'embrayage.

2.4.2 Boîte automatique à convertisseur de couple

Utilisée sur les autobus, bennes à ordures et camions de chantier. Marques : Allison (série 1000/2000/3000/4000/5000).

Convertisseur de couple :

Pompe (impeller) : Entraînée par le moteur, projette le fluide hydraulique (ATF) vers la turbine.
Turbine (turbine runner) : Reçoit le fluide et transmet le couple à l'arbre de la boîte.
Stator (reactor) : Redirige le fluide pour multiplier le couple (jusqu'à 2,5:1 en décollage).
Embrayage de verrouillage (lock-up clutch) : Verrouille pompe et turbine à une certaine vitesse pour éliminer le glissement et réduire la consommation.

Rouages planétaires : La boîte Allison utilise 2 à 4 trains planétaires actionnés par des freins et embrayages à disques multiples immergés dans l'ATF, commandés par un module de commande hydraulique (valve body) puis électronique (TCM).

Rapports : Généralement 5 ou 6 vitesses avant, 1 marche arrière.

2.4.3 Boîte à double embrayage (DCT) pour poids lourds

Émergeante dans le segment des poids lourds (ex. ZF TraXon). Deux arbres d'entrée coaxiaux, chacun avec son propre embrayage. Un arbre porte les rapports pairs, l'autre les rapports impairs. Le changement de vitesse s'effectue en transférant le couple d'un embrayage à l'autre sans interruption de traction.

2.5 Arbre de transmission et joints

L'arbre de transmission (propeller shaft / driveshaft) transmet le couple de la boîte au pont arrière (différentiel). Il doit pouvoir s'allonger et se raccourcir (suspension) et s'articuler (pont mobile).

Composants :

Tube d'arbre : Acier sans soudure, équilibré dynamiquement.
Joint de Cardan : Permet l'articulation (angle max 15-20 °). Comprend la fourche, la croisillon, les aiguilles et les roulements.
Joint coulissant (cannelures) : Permet la variation de longueur. Lubrifié à la graisse.
Palier intermédiaire : Sur les arbres longs (véhicules à empattement long), un palier supporte l'arbre avec un coussinet en caoutchouc pour absorber les vibrations.

Angle de fonctionnement : Les angles de Cardan doivent être égaux et opposés (principes de transmission homocinétique approximative). Un angle excessif > 10° entraîne des vibrations et une usure prématurée des joints.

Norme SAE J901 : Spécifications pour les arbres de transmission de véhicules routiers.

2.6 Différentiel et pont arrière

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.6.1 Principe du différentiel, 2.6.2 Différentiel autobloquant et verrouillage et 2.6.3 Pont tandem et essieux moteurs multiples.

2.6.1 Principe du différentiel

Le différentiel permet aux roues d'une même essieu de tourner à des vitesses différentes dans les virages. Composants :

Couronne (ring gear) : Entraînée par le pignon d'attaque (pinion gear) de l'arbre de transmission.
Planétaires (roues satellites) et porte-satellites.
Axes latéraux : Relient les roues aux planétaires.

Rapport de pont (final drive ratio) : Nombre de dents de la couronne ÷ nombre de dents du pignon d'attaque. Exemples : 3,08:1 (autoroute), 3,55:1 (mixte), 4,10:1 (chantier), 4,88:1 (carrière).

2.6.2 Différentiel autobloquant et verrouillage

Différentiel à glissement limité (LSD) : Utilise des disques de friction ou un visqueux pour limiter la différence de vitesse entre les roues.
Différentiel verrouillable (locker) : Verrouille mécaniquement les deux arbres latéraux pour forcer les roues à tourner identiquement (boue, neige, terrain meuble). Actionné par air comprimé, électro-aimant ou manuellement.
Différentiel auto-bloquant par couple (Detroit Locker, Eaton ELocker) : Utilise des cliquets qui s'engagent automatiquement quand une roue dépasse l'autre d'un seuil.

2.6.3 Pont tandem et essieux moteurs multiples

Les camions lourds (classe 8) utilisent souvent un pont tandem : deux essieux moteurs (6×4) reliés par un arbre de transmission interpont (inter-axle). Un différentiel interpont permet aux deux essieux de tourner à des vitesses différentes. Le rapport final combiné est le produit du rapport de la boîte de transfert et du rapport de pont.

Configuration des essieux :

4×2 : Un essieu moteur (camion "single axle").
6×4 : Deux essieux moteurs arrière (standard pour semi-remorques).
6×6 : Trois essieux moteurs (tout-terrain, chantier).
8×6 : Quatre essieux dont trois moteurs.

2.7 Boîte de transfert (4×4/6×6)

La boîte de transfert (transfer case) distribue la puissance entre les essieux avant et arrière. Elle offre généralement :

Gamme haute (H) : Conduite sur route.
Gamme basse (L) : Rapport de démultiplication supplémentaire (1,5:1 à 3,0:1) pour le hors-route et le remorquage lourd.
Différentiel central : Permet des différences de vitesse entre essieux avant et arrière en virage, avec verrouillage possible.

2.8 Entretien et diagnostic

Cette partie sert de repère technique pour diagnostiquer, entretenir et réparer les véhicules lourds dans le domaine suivant : embrayage, boîte manuelle ou automatisée, arbres de transmission, différentiels et ponts moteurs. Elle met l’accent sur les symptômes observables en atelier, les mesures à confirmer avec les instruments appropriés, les tolérances du fabricant, la propreté des circuits et les risques de sécurité avant démontage ou réglage. Les sous-sections qui suivent détaillent notamment 2.8.1 Entretien préventif, 2.8.2 Diagnostic des pannes et 2.8.3 Procédures de réglage.

2.8.1 Entretien préventif

105.Niveau d'huile de la boîte de vitesses : Vérifier tous les 15 000 km, remplacer selon intervalle fabricant (50 000-100 000 km).
106.Graissage des joints de Cardan : Tous les 10 000-15 000 km, injecter de la graisse EP (extreme pressure) NLGI #2 jusqu'à purge des joints.
107.Niveau d'huile du différentiel : Vérifier tous les 15 000 km, remplacer la SAE 80W-90 GL-5 tous les 100 000 km.
108.Vidange de la boîte automatique Allison : Filtre + huile tous les 50 000-100 000 km selon l'application. Utiliser TES 295 ou TranSynd (Allison approved).
109.Jeu du différentiel : Vérifier le jeu entre couronne et pignon d'attaque (0,15-0,40 mm) — un jeu excessif cause du bruit (whine) en accélération ou décélération.

2.8.2 Diagnostic des pannes

Embrayage :

Patinage : Le moteur monte en régime mais la vitesse n'augmente pas proportionnellement. Causes : garnitures usées (épaisseur < 5 mm), disque huilé, ressort diaphragme fatigué.
Débrayage incomplet : Grattement au passage des vitesses. Causes : air dans le circuit hydraulique, butée défectueuse, usure des cannelures.

Boîte de vitesses :

Bruit au roule : Roulements d'arbre usés, denture endommagée, niveau d'huile bas.
Saute hors vitesse : Baladeur usé, ressort de verrouillage cassé, cannelures de l'arbre secondaire usées.
Difficulté de passage : Synchroniseurs usés, câble/liaison desserrée, huile trop visqueuse.

Différentiel :

Bruit de bourdonnement en accélération : Jeu d'attaque trop grand ou usure de la denture en charge.
Bruit en décélération : Jeu d'attaque trop petit ou port de contact mal réglé.
Claquement au changement de charge : Jeu entre couronne et pignon excessif (backlash).
Bruit dans les virages : Usure des satellites et planétaires, roulements d'essieu, manque d'huile.

Arbre de transmission :

Vibration à haute vitesse : Arbre déséquilibré, joint de Cardan usé (jeu dans la croisillon), cannelures usées.
Claquement au démarrage : Jeu excessif dans les cannelures ou le joint coulissant.

2.8.3 Procédures de réglage

Réglage du jeu d'attaque (pinion depth) :

128.Monter le pignon d'attaque avec sa cale d'épaisseur (shim) actuelle.
129.Appliquer de la pâte à roder (prussian blue) sur les dents de la couronne.
130.Tourner la couronne manuellement dans les deux sens.
131.Observer l'empreinte de contact : elle doit être centrée sur la dent (flanc en charge).
132.Ajuster l'épaisseur de la cale sous le pignon si l'empreinte est trop haute (ajouter) ou trop basse (enlever).
133.Vérifier le backlash avec un comparateur : 0,15-0,40 mm selon fabricant.

Précharge des roulements de différentiel : Serrer les écrous de réglage progressivement jusqu'à obtenir une résistance au mouvement (mesurée au dynamomètre de torsion) de 2-5 N·m (sans la couronne montée).

2.3 Embrayages et convertisseurs de couple

L'embrayage des véhicules lourds doit transmettre des couples élevés (jusqu'à 2500 Nm). L'embrayage à friction à sec est le type le plus répandu. Il est composé d'un plateau de pression, d'un disque d'embrayage garni de matériau de friction (organique, céramique ou kevlar), d'un mécanisme de débrayage (butée) et d'un actionneur hydraulique ou pneumatique.

Le disque d'embrayage des poids lourds a un diamètre de 350 à 430 mm. Le matériau de friction doit résister à des températures de 200 à 350°C. La butée d'embrayage est actionnée par un vérin pneumatique sur les véhicules lourds équipés d'une boîte pneumatique, ou par un vérin hydraulique sur les transmissions manuelles.

Le convertisseur de couple des boîtes automatiques transmet la puissance par l'intermédiaire d'un fluide hydraulique. Il est composé d'une pompe (entraînée par le moteur), d'une turbine (reliée à la boîte) et d'un stator (réacteur fixe). Le rapport de conversion du couple varie de 1,5:1 à 2,5:1 au démarrage.

2.4 Boîtes de vitesses manuelles pour véhicules lourds

Les boîtes de vitesses manuelles des poids lourds comptent 9 à 18 rapports. La boîte à double arbre (splitter) divise chaque rapport de base en deux sous-rapports (haute et basse). La boîte à gamme (range) combine une boîte principale à 5 ou 6 rapports avec un réducteur planétaire qui double le nombre de rapports.

Les synchroniseurs sont remplacés par des crabots (engagements par denture) sur les boîtes de poids lourds pour résister aux couples élevés. Les crabots coniques ou droits engagent les pignons par déplacement axial d'un manchon cannelé. L'engagement est assisté par un vérin pneumatique commandé par le conducteur.

Les rapports de démultiplication sont calculés pour couvrir une plage totale de 12:1 à 16:1. Le premier rapport a un rapport typique de 10:1 à 14:1, tandis que le dernier rapport (overdrive) a un rapport de 0,75:1 à 0,85:1. Le rapport final est obtenu par le différentiel (3,5:1 à 4,5:1).

2.5 Boîtes de vitesses automatisées

La boîte de vitesses automatisée (AMT — Automated Manual Transmission) combine un embrayage et une boîte manuelle avec des actionneurs électriques ou pneumatiques contrôlés par une unité de commande électronique (TCU). Le passage des rapports est entièrement automatique mais la structure mécanique reste celle d'une boîte manuelle.

La boîte à double embrayage (DCT — Dual Clutch Transmission) utilise deux embrayages distincts (un pour les rapports pairs, un pour les impairs). Le changement de rapport se fait par transfert d'un embrayage à l'autre sans interruption du couple. Le temps de passage est de 50 à 200 millisecondes.

La boîte automatique à convertisseur de couple (PowerShift, Allison Transmission) est répandue sur les véhicules de chantier et les autobus. Les trains épicycloïdaux (planétaires) sont commandés par des freins et des embrayages multidisques hydrauliques. Le rapport de conversion est continuellement variable sous charge.

2.6 Différentiels et ponts arrière

Le différentiel est un mécanisme qui permet aux roues motrices de tourner à des vitesses différentes dans les virages. Le différentiel ouvert est le type standard. Le différentiel à glissement limité (LSD — Limited Slip Differential) utilise des disques de friction ou un visqueux pour limiter le patinage d'une roue.

Le différentiel verrouillable (locker) peut être bloqué par commande pneumatique, électrique ou hydraulique pour transmettre 100 % du couple aux deux roues en tout-terrain. Le blocage est désactivé en virage pour protéger la transmission.

Le pont arrière des poids lourds utilise des engrenages hypoïdes (couple conique-spirale avec un axe décalé) pour réduire le bruit et augmenter la surface de contact des dents. Le rapport de pont typique est de 3,50:1 pour les applications routières et de 4,30:1 à 4,88:1 pour les applications lourdes ou tout-terrain.

2.7 Arbres de transmission et joints universels

L'arbre de transmission transmet la puissance de la boîte de vitesses au pont arrière. Sur les véhicules à empattement long (plus de 4 mètres), l'arbre est en deux sections supportées par un palier intermédiaire. L'arbre est équilibré dynamiquement en usine (tolérance de 1 gramme maximum de balourd).

Les joints universels (cardans) permettent les changements d'angle entre l'arbre de transmission et les composantsqu'il relie. Les joints en croix (joint de Cardan) supportent des angles de 15 à 25 degrés. Les joints homocinétiques (CV joints) maintiennent une vitesse angulaire constante jusqu'à 50 degrés d'angle.

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