Chapter III

Câblage résidentiel

Metierium study guide with diagrams.

Câblage résidentiel — Guide complet CMEQ

Le câblage résidentiel doit concilier sécurité des occupants, capacité des circuits, protection différentielle ou anti-arcs et accessibilité des équipements. Dans une habitation québécoise, l’électricien vérifie le calibre des conducteurs, le type de câble, la continuité de mise à la terre, le dégagement du panneau et la conformité aux règles du Code canadien de l’électricité et de la RBQ.

Introduction

Le câblage résidentiel constitue l'essentiel du travail de l'électricien au Québec. Ce chapitre traite en profondeur des normes, des techniques et des articles du Code de construction du Québec, Chapitre V — Électricité qui régissent les installations électriques des habitations.

Au Québec, près de 80 % des logements sont chauffés à l'électricité, ce qui signifie que les circuits sont beaucoup plus chargés que dans les autres provinces. Un bungalow de 120 m² peut facilement compter 8 000 W de plinthes chauffantes, soit un courant de 33 A sous 240 V, réparti sur plusieurs circuits. Maîtriser le câblage résidentiel — les calibres de conducteurs, les codes de couleur, l'espacement des prises, la mise à la terre — est donc une compétence déterminante pour l'examen CMEQ.

Ce guide présente chaque règle accompagnée de son article de code, de sa justification technique et, lorsque la règle repose sur un calcul, d'un exemple numérique complet avec toutes les étapes.

Concepts fondamentaux

Câblage de prise double Vis en laiton Noir (sous tension) Vis argentée Blanc (neutre) Vis verte Vert/nu (mise à la terre) Code de couleur Noir (sous tension) Blanc (neutre) Vert/nu (mise à la terre)

Avant d'aborder les règles de câblage, il faut maîtriser les quatre grandeurs électriques qui reviennent dans tous les calculs du chapitre : la tension, le courant, la résistance et la puissance.

La tension (U), mesurée en volts (V), est la différence de potentiel qui pousse les électrons dans le circuit. Une installation résidentielle québécoise est alimentée en 120/240 V monophasé : chaque phase (A et B) fournit 120 V par rapport au neutre, et les deux phases ensemble fournissent 240 V. L'éclairage et les prises courantes fonctionnent sous 120 V ; les plinthes, la cuisinière, la sécheuse et le chauffe-eau fonctionnent sous 240 V.

Le courant (I), mesuré en ampères (A), est le débit de charge électrique. C'est le courant qui détermine le calibre des conducteurs et des disjoncteurs. Un circuit d'éclairage de 15 A transporte au maximum 15 A ; au-delà, le disjoncteur déclenche.

La résistance (R), mesurée en ohms (Ω), s'oppose au passage du courant. Les conducteurs eux-mêmes possèdent une résistance, faible mais non nulle, qui provoque la chute de tension le long du câble.

La puissance (P), mesurée en watts (W), est l'énergie consommée par unité de temps. C'est la grandeur qui figure sur la plaque signalétique des appareils.

Loi d'Ohm : U = R × I

Exemple numérique : Une plinthe chauffante présente une résistance de 38,4 Ω et est alimentée sous 240 V. Quel courant absorbe-t-elle ?

On isole le courant : I = U / R = 240 V / 38,4 Ω = 6,25 A. C'est exactement le courant d'une plinthe de 1 500 W sous 240 V (voir ci-dessous).

Loi de la puissance (courant continu / charge résistive) : P = U × I

Exemple numérique : Quel est le courant d'une plinthe de 1 500 W sous 240 V ?

I = P / U = 1 500 W / 240 V = 6,25 A. On retrouve la même valeur que par la loi d'Ohm, ce qui confirme la cohérence : R = U / I = 240 / 6,25 = 38,4 Ω.

Exemple numérique (120 V) : Un sèche-cheveux de 1 200 W branché sur une prise de 120 V absorbe I = 1 200 / 120 = 10 A. Sur un circuit de 15 A, il reste 5 A disponibles pour d'autres charges — c'est pourquoi un sèche-cheveux et un fer à friser allumés simultanément font souvent déclencher le disjoncteur de la salle de bain.

Chute de tension : ΔU = 2 × L × r × I

où L est la longueur simple du circuit en mètres, r la résistance linéique du conducteur en Ω/m, et I le courant en A. Le facteur 2 tient compte de l'aller-retour du courant (phase + neutre).

Exemple numérique : Un circuit de prises en 14 AWG (résistance ≈ 8,28 Ω/km, soit 0,00828 Ω/m) alimente une charge de 12 A sur une longueur de 30 m depuis le panneau.

ΔU = 2 × 30 m × 0,00828 Ω/m × 12 A = 2 × 30 × 0,00828 × 12 = 5,96 V.

En pourcentage de la tension nominale : 5,96 V / 120 V × 100 = 4,97 %. Ce résultat dépasse la limite de 3 % recommandée par l'article 8-102 pour un circuit d'utilisation : il faut soit raccourcir le circuit, soit passer en 12 AWG (≈ 5,21 Ω/km), ce qui donne ΔU = 2 × 30 × 0,00521 × 12 = 3,75 V, soit 3,1 % — encore légèrement au-dessus, d'où l'intérêt de limiter la longueur ou la charge.

Règle du 80 % (charge continue) : Un disjoncteur standard ne doit être chargé qu'à 80 % de sa valeur nominale en régime continu (charge maintenue 3 h ou plus). Le chauffage électrique est considéré comme une charge continue.

Exemple numérique : Quelle charge continue maximale un disjoncteur de 20 A peut-il supporter ? I_max = 20 A × 0,80 = 16 A. Inversement, pour une charge continue de 16 A, le circuit doit être dimensionné à 125 % : 16 A × 1,25 = 20 A → disjoncteur de 20 A requis.

Section 1 — Conducteurs et câbles résidentiels

Cette section situe Conducteurs et câbles résidentiels dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

1.1 Types de câbles approuvés au Québec

Le Québec reconnaît plusieurs types de câbles pour l'usage résidentiel, chacun avec ses applications spécifiques :

NMD90 — Câble à gaine non métallique :

Usage général intérieur au sec
Gaine thermoplastique, conducteurs en cuivre
Température maximale : 90 °C (conducteur)
Calibres disponibles : 14 AWG à 2 AWG
Le type le plus courant dans la construction résidentielle neuve

AC90 (câble armé) :

Câble armé à enveloppe métallique
Usage : sous-sols, garages, locaux techniques
Résistance mécanique supérieure au NMD90
Mise à la terre assurée par l'enveloppe métallique (art. 10-602)

TECK90 :

Câble armé à armure métallique
Usage : extérieur, endroits humides, souterrain
Résistant aux UV et à l'humidité
Requis pour les raccordements extérieurs selon l'art. 16-100

RW90 / RWU90 :

Conducteurs à isolation en polyéthylène réticulé (XLPE), 90 °C
RWU90 : apte à l'enfouissement direct (usage souterrain)
Utilisés dans les conduits et les entrées de service

1.2 Calibre des conducteurs et tableau d'ampacité

AWGDiameter(mm)60 °CÉvaluation75 °CÉvaluation90 °CÉvaluationUtilisation typique141.6315 A15 A15 AÉclairage, generalprises de courant122.0520 A20 A25 ACuisine, salle de bain, GFCI102.5930 A30 A35 ASécheuse, climatiseur, VE83.2640 A45 A50 ACuisinière, borne de recharge64.1155 A65 A70 APanneau secondaire45.1970 A85 A90 AEntrée de service principale35.8380 A100 A105 AEntrée de service principale26.5495 A115 A120 AEntrée de service principale17.35110 A130 A140 AEntrée de service principale1/08.25125 A150 A155 Aservice de 150 A2/09.27145 A175 A185 AEntrée de service 200 A3/010.40165 A200 A210 AEntrée de service 200 A4/011.68195 A230 A245 AService 200 A de grande taille

> Important : Les ampacités du tableau ci-dessus proviennent du Tableau 2 du Code. Elles supposent un maximum de 3 conducteurs dans une même canalisation et une température ambiante de 30 °C. Des facteurs de correction s'appliquent (Tableaux 5A, 5B, 5C, 5D).

Exemple de facteur de correction (température ambiante) : Un câble NMD90 (conducteurs 90 °C) installé dans un entretoit où la température ambiante atteint 50 °C. Le Tableau 5A donne un facteur de correction d'environ 0,82 pour 50 °C avec isolation 90 °C.

Un conducteur 12 AWG vaut 25 A à 90 °C (Tableau 2). Ampacité corrigée = 25 A × 0,82 = 20,5 A. On ne peut donc plus utiliser la pleine valeur de 25 A ; le disjoncteur devra être choisi en conséquence. C'est pourquoi on évite de faire passer des câbles dans les zones surchauffées sans appliquer la correction.

Exemple de facteur de correction (nombre de conducteurs) : Plus de 3 conducteurs porteurs de courant dans un conduit imposent un facteur de dégradation. Avec 6 conducteurs, le Tableau 5B impose un facteur de 0,80. Six conducteurs 14 AWG (15 A chacun à 60 °C) dans un même conduit : ampacité corrigée = 15 A × 0,80 = 12 A par conducteur.

1.3 Couleur des conducteurs au Canada

ConducteurCouleurRéférence du codePhase (120V)Noir (ou rouge pour la 2e phase)Art. 4-024Phase 240 VNoir et rouge (ou noir et identifiéblack)Art. 4-024NeutreBlanc ou grisArt. 4-026Mise à la terreVert ou nuArt. 10-504
Le blanc est strictement réservé au neutre (sauf en câble armé où il peut servir à la mise à la terre s'il est identifié)
Le vert est strictement réservé à la mise à la terre
Les conducteurs de phase ne doivent JAMAIS être blancs ou verts

Raccordement d'une prise duplex (voir le schéma ci-dessus) :

La vis laiton (dorée) reçoit le conducteur de phase noir
La vis argent reçoit le conducteur neutre blanc
La vis verte reçoit le conducteur de terre vert ou dénudé

Une inversion phase/neutre (noir sur la vis argent, blanc sur la vis laiton) fait que la douille et l'interrupteur restent sous tension même éteints : un danger de choc. C'est une faute éliminatoire à l'examen et sur le chantier.

Section 2 — Panneau de distribution (panneau électrique)

Panneau de distribution résidentiel — disjoncteur principal, barres, circuits (animation) Panneau de distribution résidentiel (120/240 V) Panneau électrique Entrée Hydro Principal 200A L1 L2 N T 15A éclairage 20A prises 20A cuisine 30A sécheuse 40A cuisinière 50A spa Double pôle 30A — 240V → circuits → circuits L1 + L2 = 240V (gros appareils) · L1 ou L2 + Neutre = 120V (prises, éclairage) Chaque circuit a son disjoncteur calibré. Le neutre ramène le courant déséquilibré. La terre ne porte JAMAIS de courant normal — uniquement en défaut (sécurité).

2.1 Composantes du panneau

Le panneau électrique (ou panneau de distribution) est le centre névralgique de l'installation :

Entrée principale (service) :

Conducteurs de service (alimentation d'Hydro-Québec ou du transformateur)
Disjoncteur principal (calibré selon le service) : 60 A, 100 A, 150 A, 200 A
Minimum 100 A pour toute habitation unifamiliale neuve (art. 8-200)

Barres omnibus (bus bars) :

Barre de phase A (noir) : 120 V par rapport au neutre
Barre de phase B (rouge) : 120 V par rapport au neutre
Entre A et B : 240 V (pour la cuisinière, la sécheuse, les plinthes)

Barre de neutre :

Isolée du boîtier
Reliée à la terre uniquement à l'entrée de service (art. 10-204)
Conducteur de neutre dimensionné à 100 % du courant de phase (art. 4-018)

Barre de terre :

Connectée mécaniquement au boîtier
Reçoit les conducteurs de mise à la terre des appareils des circuits de dérivation

2.2 Emplacement et dégagements

Selon l'art. 26-400 du Code :

Dégagement avant : minimum 1 m devant le panneau
Hauteur : centre des disjoncteurs entre 0,8 m et 1,5 m du plancher
Dégagement latéral : minimum 750 mm sur au moins un côté
Éclairage : au moins 200 lux au niveau du panneau
Accès : dégagé en tout temps — aucun rangement devant

2.3 Calcul du nombre de circuits

Pour une habitation résidentielle typique (art. 8-200) :

RoomType de protectionSalle de bainToutes les prises 120 V, 15/20 ACuisine (comptoir)Toutes les prises de courant 120 VBasementToutes les prises 120 V (sauf chauffe-eau)Garage / atelierToutes les prises de courant 120 VOutdoorsToutes les prises de courant 120 VBuanderieToutes les prises 120 V (sauf sécheuse)Piscine / spaToutes les prises dans un rayon de 3 m

Exemple de calcul de circuits d'éclairage : Une maison de 135 m² de surface habitable. Nombre de circuits d'éclairage = 135 m² / 90 m² = 1,5 → on arrondit à 2 circuits de 15 A en 14 AWG.

Exemple de calcul de charge de base (art. 8-200) : Pour une habitation de 135 m², la charge de base se calcule selon la règle 8-200 1) a) :

Premiers 90 m² : charge de base = 5 000 W
Reste : (135 − 90) = 45 m² → 1 tranche de 90 m² ou portion = 1 000 W
Sous-total éclairage/prises : 5 000 + 1 000 = 6 000 W

À cette charge de base s'ajoutent les charges spéciales (cuisinière, sécheuse, chauffage) avec leurs facteurs de demande. Pour le chauffage électrique, on compte 100 % de la charge des plinthes jusqu'à 10 kW, puis 75 % au-delà. Une maison avec 12 kW de plinthes : 10 000 W × 100 % + 2 000 W × 75 % = 10 000 + 1 500 = 11 500 W de charge de chauffage à prévoir au service.

Dimensionnement du service : Reprenons une maison dont la charge totale calculée (éclairage + prises + appareils + chauffage) atteint 14 400 W sous 240 V. Le courant de service = P / U = 14 400 / 240 = 60 A. Le service minimal de 100 A (art. 8-200) suffit donc largement ; on installera un disjoncteur principal de 100 A et des conducteurs de service calibrés en conséquence (cuivre 4 AWG à 70 A colonne 60 °C, ou 3 AWG à 80 A).

Section 3 — Prises de courant

Cette section situe Prises de courant dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

3.1 Espacement des prises

L'art. 26-702 précise :

Espacement maximal : 1,8 m (6 pi) entre deux prises adjacentes
Distance depuis le début d'un mur : pas plus de 0,9 m (3 pi) d'un coin
Murs de moins de 0,9 m : prise non requise
Dans les cuisines : prise au-dessus du comptoir tous les 0,6 m (2 pi)

Exemple d'application : Un mur de salon de 5,4 m de long, sans porte ni fenêtre. Règle : aucun point du mur ne doit se trouver à plus de 1,8 m d'une prise. La première prise doit être à ≤ 0,9 m du coin, puis les prises s'espacent de ≤ 3,6 m (car chaque prise couvre 1,8 m de chaque côté).

Prise 1 à 0,9 m du coin gauche
Prise 2 à 0,9 + 3,6 = 4,5 m
Vérification : le coin droit est à 5,4 − 4,5 = 0,9 m de la prise 2 ✓ (≤ 1,8 m)

Il faut donc 2 prises sur ce mur. Avec une seule prise au centre (2,7 m), les coins seraient à 2,7 m > 1,8 m : non conforme.

Exemple cuisine : Un comptoir en L de 2,4 m + 1,8 m de long (développé 4,2 m). Règle : aucun point du comptoir à plus de 0,6 m d'une prise, soit un espacement maximal de 1,2 m entre prises. Nombre minimal = 4,2 m / 1,2 m = 3,5 → 4 prises de comptoir, réparties et alimentées par au moins deux circuits 20 A.

3.2 Prises GFCI (disjoncteur différentiel de fuite à la terre)

L'art. 26-710 exige des prises protégées par GFCI dans :

Volume de la boîte (cm³)14 AWG12 AWG10 AWG300 (2×3×1.5)454450 (3×2×1.5)655530 (4×2×1.5)876670 (4×11/16×2)1087

Le GFCI compare en permanence le courant qui part par la phase et celui qui revient par le neutre. Si la différence dépasse environ 5 mA, c'est qu'une partie du courant fuit vers la terre (par exemple à travers une personne), et le GFCI déclenche en moins de 25 ms.

Exemple numérique : Un enfant touche un grille-pain défectueux sous tension et une fuite de 30 mA passe par son corps vers le robinet mis à la terre. Le GFCI détecte un déséquilibre phase/neutre de 30 mA, bien supérieur au seuil de 5 mA, et coupe le circuit en ~20 ms — avant que le courant ne provoque une fibrillation cardiaque (qui survient typiquement au-delà de 75 mA soutenus). Sans GFCI, seul le disjoncteur de 15 A pourrait déclencher, mais 30 mA ne suffisent pas à le faire : le danger persisterait.

À l'examen CMEQ : on vous demandera souvent quelles pièces exigent un GFCI. Retenez : TOUTES les pièces avec présence d'eau ou humidité potentielle.

3.3 Prises AFCI (détecteur d'arcs)

Depuis le Code 2018, l'art. 26-724 exige la protection AFCI pour tous les circuits de dérivation 120 V dans :

Les chambres à coucher
Les aires de vie (salon, salle à manger)
Les bureaux à domicile
Les salles de jeux / salles familiales

L'AFCI analyse la forme d'onde du courant et détecte les signatures d'arc électrique (séries ou parallèles) qu'un disjoncteur ordinaire ne voit pas. Un arc série de 2 à 5 A, trop faible pour déclencher un disjoncteur de 15 A, peut atteindre localement plusieurs milliers de degrés et enflammer une structure de bois.

Différence GFCI vs AFCI :

GFCI = protection contre les chocs électriques (détecte la fuite de courant vers la terre, seuil ~5 mA)
AFCI = protection contre les incendies (détecte les arcs électriques)
Il existe des disjoncteurs combinés GFCI/AFCI

Exemple de choix : Une prise de chambre à coucher située à 1,5 m d'un lavabo de salle de bain attenante. La chambre exige l'AFCI (aire de sommeil) ; la proximité du lavabo et l'usage salle de bain exigent le GFCI. Solution : un disjoncteur combiné AFCI/GFCI de 15 A, ou une prise AFCI en aval d'un disjoncteur GFCI.

Section 4 — Règles de câblage essentielles

Cette section situe Règles de câblage essentielles dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

4.1 Longueur minimale des conducteurs

L'art. 12-100 exige un minimum de 150 mm (6 po) de conducteur libre à chaque boîte. Cela permet :

De brancher/remplacer un appareil (prise, interrupteur)
De faire des réparations sans tirer sur le câble
De respecter le rayon de courbure minimal (art. 12-110)

4.2 Rayon de courbure

Câble NMD90 : rayon ≥ 5× le diamètre extérieur
Câble armé : rayon ≥ 6× le diamètre extérieur
Conduit EMT : rayon selon le Tableau 20

Exemple numérique : Un câble NMD90 12/2 a un diamètre extérieur d'environ 10 mm. Rayon de courbure minimal = 5 × 10 mm = 50 mm. Un coude plus serré écrase l'isolation et peut créer un point chaud ou un arc.

4.3 Support des câbles

Câble horizontal : support tous les 1,5 m (art. 12-302)
Câble vertical : support tous les 1,5 m
Distance depuis la boîte : premier support à 300 mm maximum
Attaches approuvées : agrafes, clips en plastique, brides

Exemple numérique : Une remontée verticale de câble de 4,5 m entre le sous-sol et l'étage. Nombre de supports = 4,5 m / 1,5 m = 3 supports, plus un premier support à ≤ 300 mm de la boîte de départ. On posera donc des attaches à 0,3 m, 1,5 m, 3,0 m et 4,5 m.

Protection contre les clous : Un câble qui traverse un montant de bois percé doit passer à au moins 32 mm du bord du montant. Si cette distance ne peut être respectée, on installe une plaque d'acier de protection (art. 12-516).

4.4 Nombre de conducteurs par boîte

Selon l'art. 12-3016, le nombre maximal de conducteurs dans une boîte dépend du volume de la boîte :

Volume de boîte(cm³)14 AWG12 AWG10 AWG300 (2×3×1,5)454450 (3×2×1,5)655530 (4×2×1,5)876670 (4×11/16×2)1087

Chaque appareil (prise, interrupteur) compte pour 2 conducteurs. Les conducteurs de mise à la terre comptent pour 1 seul conducteur (même s'il y en a plusieurs).

Exemple de calcul de remplissage : Une boîte de 530 cm³ reçoit un câble NMD90 14/2 entrant et un câble 14/2 sortant (soit 2 phases noires + 2 neutres blancs = 4 conducteurs de circuit), plus 1 interrupteur unipolaire, plus les terres.

Conducteurs de circuit : 4
Interrupteur : compte pour 2
Terres (plusieurs, mais comptent pour 1) : 1
Total : 4 + 2 + 1 = 7 conducteurs équivalents

La boîte de 530 cm³ admet 8 conducteurs 14 AWG : 7 ≤ 8, c'est conforme. Avec une boîte de 450 cm³ (limite 6), 7 > 6 : non conforme, il faut une boîte plus grande.

Section 5 — Mise à la terre et liaison équipotentielle

Cette section situe Mise à la terre et liaison équipotentielle dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

5.1 Électrode de terre

L'art. 10-200 exige une électrode de terre :

Tige de cuivre : 3 m (10 pi) de longueur, 16 mm (5/8 po) de diamètre minimal
Enfoncée verticalement dans le sol (si roche, ≤ 45° de la verticale)
Conducteur de terre : cuivre 6 AWG minimal (art. 10-604)

5.2 Liaison équipotentielle (bonding)

Toutes les canalisations métalliques (eau, gaz, chauffage) doivent être reliées électriquement (art. 10-400) :

Tuyau d'eau froide (cuivre)
Tuyau d'eau chaude (cuivre)
Tuyau de gaz (si métallique)
Conduits de chauffage (métalliques)
Charpente métallique du bâtiment

5.3 Conducteur de liaison

Dimensionné selon le Tableau 16 du Code
Minimum 6 AWG cuivre (sauf si le conducteur de service est plus petit)
Ne jamais couper ni interrompre le conducteur de liaison

Pourquoi la mise à la terre protège : En cas de défaut (phase qui touche la carcasse métallique d'une laveuse), le courant de défaut emprunte le conducteur de terre, de très faible impédance, ce qui élève brutalement le courant et fait déclencher le disjoncteur en quelques millisecondes. Sans terre, la carcasse resterait à 120 V : la première personne qui la touche en prenant un tuyau devient le chemin de terre.

Exemple numérique : Un défaut franc phase-carcasse sur un circuit 120 V protégé par un disjoncteur de 15 A. L'impédance de la boucle de défaut (phase + terre) est de 0,5 Ω. Courant de défaut = U / Z = 120 V / 0,5 Ω = 240 A. Ce courant très élevé (16× la valeur nominale) fait déclencher le disjoncteur magnétique instantanément (< 1 cycle, soit < 16 ms à 60 Hz). Si la boucle avait une impédance de 20 Ω (mauvaise terre), le courant ne serait que de 120 / 20 = 6 A : insuffisant pour déclencher un disjoncteur de 15 A, et la carcasse resterait dangereusement sous tension. D'où l'importance d'une liaison à la terre de faible impédance.

Section 6 — Installation des interrupteurs

Cette section situe Installation des interrupteurs dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

6.1 Interrupteur unipolaire

Le plus simple : il interrompt le conducteur de phase (jamais le neutre !).

Ne jamais installer un interrupteur sur le conducteur de neutre (art. 4-030)
Le conducteur de neutre doit traverser la boîte (Code 2015+)

Pourquoi jamais le neutre : Si l'interrupteur coupe le neutre, la lampe s'éteint mais la douille reste reliée à la phase. En changeant l'ampoule, on touche une partie sous tension. Couper la phase garantit qu'une lampe éteinte est réellement hors tension.

6.2 Interrupteur à trois voies (3-way)

Pour commander un point lumineux depuis deux endroits différents :

Deux interrupteurs 3-way (3 bornes chacun : commune + deux voyageurs)
La commune de l'un est reliée à la phase, celle de l'autre à la charge
Les voyageurs (2 conducteurs) relient les deux interrupteurs

6.3 Interrupteur à quatre voies (4-way)

Pour commander un point depuis 3 endroits ou plus :

Deux interrupteurs 3-way (aux extrémités)
Un (ou plusieurs) interrupteur 4-way au milieu
L'interrupteur 4-way croise les voyageurs

Exemple de câblage (couloir à 3 commandes) : Un couloir avec une porte à chaque bout et une porte latérale commande un même luminaire. On utilise 2 interrupteurs 3-way (portes d'extrémité) et 1 interrupteur 4-way (porte latérale), intercalé entre les deux jeux de voyageurs. Chaque interrupteur, quelle que soit sa position, inverse l'état du circuit : on peut donc allumer ou éteindre depuis n'importe quel point.

Section 7 — Chauffage électrique résidentiel

Le chauffage électrique étant omniprésent au Québec, il fait l'objet de règles de câblage spécifiques qu'il faut savoir calculer.

7.1 Dimensionnement des circuits de plinthes

Les plinthes électriques sont des charges résistives continues. Le circuit doit être dimensionné à 125 % de la charge (ou, équivalent, la charge ne doit pas dépasser 80 % du calibre du circuit).

Exemple numérique complet : Combien de plinthes de 1 500 W / 240 V peut-on raccorder sur un seul circuit de 15 A ?

208.Courant d'une plinthe : I = P / U = 1 500 / 240 = 6,25 A
209.Charge continue maximale d'un circuit de 15 A : 15 A × 0,80 = 12 A
210.Nombre de plinthes : 12 A / 6,25 A = 1,92 → on arrondit à l'entier inférieur = 1 plinthe si l'on s'en tient strictement à 80 % (1 × 6,25 = 6,25 A, soit 42 % du circuit).

En pratique, on regroupe souvent 2 plinthes de 1 500 W sur un circuit de 20 A : 2 × 6,25 = 12,5 A, et 20 A × 0,80 = 16 A → 12,5 A ≤ 16 A, conforme. Sur un circuit de 15 A, deux plinthes donneraient 12,5 A > 12 A (80 % de 15 A) : non conforme en charge continue.

Exemple de calibre de disjoncteur : Une plinthe de 2 000 W / 240 V. Courant = 2 000 / 240 = 8,33 A. Circuit requis à 125 % : 8,33 × 1,25 = 10,4 A → disjoncteur standard de 15 A (le prochain calibre normalisé), conducteur 14 AWG (15 A).

7.2 Dégagements des plinthes

Minimum 150 mm (6 po) du plancher
Minimum 50 mm (2 po) des murs latéraux
Minimum 300 mm (12 po) sous les boîtiers de panneau électrique
Aucun matériau combustible devant la plinthe (rideaux, meubles)

Le thermostat doit être à tension de ligne (line-voltage), adapté à la charge de la plinthe, installé sur un mur à l'écart des courants d'air et du soleil direct pour une mesure de température juste.

Section 8 — Questions d'examen typiques

Question 1 : Quel calibre de fil pour un circuit d'éclairage général de 15 A ?

a) 12 AWG
b) 14 AWG
c) 10 AWG
d) 16 AWG
Réponse : b) 14 AWG (capacité maximale 15 A à 60 °C, Tableau 2). Le 12 AWG conviendrait aussi mais est surdimensionné ; le 10 AWG est inutilement coûteux.

Question 2 : Quel est l'espacement maximal entre deux prises dans un salon ?

a) 1,2 m
b) 1,8 m
c) 2,4 m
d) 3,6 m
Réponse : b) 1,8 m (art. 26-702). Aucun point du mur ne doit être à plus de 1,8 m d'une prise.

Question 3 : Dans quelles pièces les GFCI sont-ils obligatoires ?

Réponse : Salle de bain, cuisine (comptoir), sous-sol, garage, extérieur, buanderie, et dans un rayon de 3 m d'une piscine/spa (art. 26-710).

Question 4 : Quelle est la chute de tension maximale recommandée pour un circuit d'utilisation ?

a) 1 %
b) 3 %
c) 5 %
d) 10 %
Réponse : b) 3 % (art. 8-102). Calcul : sous 120 V, 3 % = 120 × 0,03 = 3,6 V de chute maximale admissible.

Question 5 : Quelle est la taille minimale du conducteur de mise à la terre ?

a) 10 AWG cuivre
b) 8 AWG cuivre
c) 6 AWG cuivre
d) 4 AWG cuivre
Réponse : c) 6 AWG cuivre (art. 10-604).

Question 6 : Le neutre peut-il être interrompu par un interrupteur ?

a) Oui, si l'interrupteur est bipolaire
b) Oui, dans une salle de bain
c) Non, jamais
d) Oui, avec un GFCI
Réponse : c) Non, jamais (art. 4-030). L'interrupteur coupe toujours la phase.

Question 7 : Quel est l'espacement des supports pour un câble horizontal ?

a) 0,9 m
b) 1,5 m
c) 2,0 m
d) 3,0 m
Réponse : b) 1,5 m (art. 12-302), avec un premier support à ≤ 300 mm de chaque boîte.

Question 8 : Combien de circuits 20 A sont requis pour les prises de comptoir de cuisine ?

a) Un seul
b) Au moins deux
c) Trois
d) Aucun, un circuit 15 A suffit
Réponse : b) Au moins deux circuits de 20 A (12 AWG), protégés par GFCI.

Question 9 : Une plinthe de 1 500 W / 240 V absorbe quel courant ?

a) 12,5 A
b) 6,25 A
c) 15 A
d) 3,1 A
Réponse : b) 6,25 A. Calcul : I = P / U = 1 500 / 240 = 6,25 A.

Question 10 : Sur un circuit de 20 A, quelle charge continue maximale peut-on raccorder ?

a) 20 A
b) 16 A
c) 25 A
d) 12 A
Réponse : b) 16 A. Calcul : 20 A × 0,80 = 16 A (règle du 80 % pour charge continue).

Question 11 : Quelle distance minimale un câble traversant un montant de bois doit-il respecter depuis le bord ?

a) 10 mm
b) 32 mm
c) 50 mm
d) 100 mm
Réponse : b) 32 mm (art. 12-516). Sinon, plaque d'acier obligatoire.

Question 12 : Une prise de chambre à coucher nécessite quelle protection ?

a) GFCI uniquement
b) AFCI uniquement
c) Aucune
d) GFCI et AFCI systématiquement
Réponse : b) AFCI (art. 26-724, aires de sommeil). Le GFCI n'est exigé que s'il y a présence d'eau (salle de bain, cuisine, extérieur…).

Section 9 — Conseils pratiques pour l'examen et le chantier

289.Mémorisez les calibres : 14/15 A, 12/20 A, 10/30 A, 8/40 A — c'est la base de tout le chapitre
290.GFCI vs AFCI : GFCI = choc (pièces humides), AFCI = incendie (chambres, aires de vie)
291.Espacement des prises : 1,8 m max entre prises et 0,9 m depuis le coin — question classique
292.Le blanc est le neutre : exception : en câble armé, le blanc peut être mis à la terre s'il est identifié
293.La mise à la terre n'est jamais optionnelle : tous les circuits de dérivation 120 V exigent un conducteur de terre des appareils (art. 10-500)
294.Raccordements : torsader et coiffer (wire nut) ou utiliser des connecteurs à insertion approuvés (Wago, Ideal). Les connexions électriques doivent être accessibles (art. 12-3000)
295.Longueur de conducteur libre : toujours laisser 150 mm (6 po) dans la boîte
296.Vis de prise : laiton = phase (noir), argent = neutre (blanc), verte = terre — ne jamais inverser
297.Chauffage = charge continue : dimensionner le circuit à 125 % de la charge (règle du 80 %)
298.Chute de tension : vérifier 3 % max (art. 8-102) sur les longs circuits ; passer au calibre supérieur si nécessaire

Références au Code

Art. 4-024 : Couleur des conducteurs
Art. 4-026 : Neutre — couleur blanche
Art. 4-030 : Interdiction de couper le neutre
Art. 8-102 : Limites de chute de tension
Art. 8-200 : Calcul de charge résidentielle
Art. 10-200 : Électrode de terre
Art. 10-204 : Liaison neutre-terre à l'entrée de service
Art. 10-400 : Liaison équipotentielle
Art. 10-504 : Conducteur de terre — couleur verte
Art. 10-602 : Mise à la terre par enveloppe métallique (câble armé)
Art. 10-604 : Calibre minimal du conducteur de terre
Art. 12-100 : Longueur libre minimale des conducteurs
Art. 12-110 : Rayon de courbure minimal
Art. 12-302 : Support des câbles
Art. 12-516 : Protection contre les clous (32 mm)
Art. 12-3016 : Remplissage des boîtes
Art. 26-400 : Emplacement du panneau
Art. 26-702 : Espacement des prises
Art. 26-710 : Protection GFCI
Art. 26-724 : Protection AFCI

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