Chapter VIII

Santé et sécurité

Metierium study guide with diagrams.

Chapitre 8 — Santé et Sécurité au Travail

Santé et sécurité — EPI, risques, ergonomie, cadre légal (animation) Santé et sécurité au travail Équipements de protection (EPI) Casque de sécurité Lunettes de protection Gants de travail Bottes à embout d'acier Masque anti-poussière (silice) Risques principaux Manutention — briques, blocs (15-25 kg) Poussière de silice — mortier, béton, pierre Travail en hauteur — échafaudages Mouvements répétitifs — pose, jointoiement Ergonomie de la pose • Dos droit, genoux pliés • Charge près du corps • Pivoter les pieds • Alterner les tâches • Échafaudage à bonne hauteur Cadre légal (Québec) LSST — Loi sur la santé et la sécurité RSST — Règlement sur la SST (CNESST) Droit de refus — danger pour la santé Obligation de l'employeur : former + équiper La silice cristalline est cancérigène — masque N95 obligatoire lors de la coupe

8.1 Introduction

Scaffolding pour travaux de maçonnerie — composants de sécurité Plaque de base Montants Croisillons Platelages Garde-corps Plinthe Ancrages au mur Mur en travaux Scaffolding à cadres — configuration sécuritaire (RSST)

La maçonnerie est un métier physiquement exigeant présentant des risques importants : manutention de charges lourdes, travail en hauteur, exposition à la poussière de silice, outils mécaniques dangereux, risques d'électrocution et de brûlures. Au Québec, la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) encadrent strictement les conditions de travail. La CNESST joue un rôle central dans la prévention et l'inspection.

8.2 Cadre Légal

Le cadre légal de santé et sécurité fixe les responsabilités du travailleur, de l’employeur et du maître d’œuvre avant toute intervention de maçonnerie. Les exigences CNESST, Code de sécurité pour les travaux de construction, SIMDUT et règles de chantier encadrent notamment échafaudages, manutention, silice, travail en hauteur et mesures d’urgence.

8.2.1 LSST et RSST

La LSST (RLRO c. S-2.1) établit les droits et obligations. Droit de refuser un travail dangereux (art. 12), droit à la formation et à l'information. Obligation de l'employeur de protéger la santé et la sécurité (art. 51). Le RSST précise les exigences techniques : échafaudages (section XXXI), escaliers et échelles (XXIX), appareils de levage (XXVIII), outils (VIII), bruit (VII), agents chimiques (X), poussières (VEMP).

8.2.2 Code de Sécurité (CSTC)

Le Règlement sur la sécurité dans les chantiers de construction (RLRO c. S-2.1, r. 6) s'applique aux chantiers de construction : échafaudages, plates-formes, levage, excavations, électricité.

8.2.3 LATMP

Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (RLRO c. A-3.001) régit l'indemnisation et le régime CNESST.

8.3 Risques Physiques

Les risques physiques du briqueteur-maçon proviennent surtout des charges lourdes, postures répétitives, chutes, projections, bruit, vibration, chaleur, froid et effondrements locaux. Les maîtriser exige une planification des accès, de l’échafaudage, du levage, des zones d’exclusion et des EPI avant que les unités, mortiers ou pierres ne soient manipulés.

8.3.1 Travail en Hauteur et Échafaudages

Première cause d'accidents graves. Exigences RSST section XXXI : base nivelée avec semelles d'appui, contreventement diagonal à chaque niveau, garde-corps à 1,0–1,1 m avec lisse intermédiaire à 0,5 m et plinthe 100 mm, plancher complet (joints ≤ 25 mm), ancrage au bâtiment tous les 6 m horizontalement et verticalement. Plates-formes élévatrices : harnais avec absorbeur ancré à un point certifié. Échelles : norme CSA Z11, inclinaison 75° (1:4), dépassement 1 m au-dessus du palier.

Inspection quotidienne par l'utilisateur, inspection annuelle par personne compétente.

8.3.2 Manutention Manuelle

Palette de briques 1 200–1 500 kg, bloc standard 18–22 kg, sac de ciment 40 kg. Risques de TMS au dos, épaules et genoux. Prévention : formation levage (dos droit, jambes fléchies, charge près du corps), rotation des tâches, équipements mécaniques (chariot élévateur, grue, monte-charge, pinces à briques, ventouses), limitation à 25 kg par personne (seuil CNESST), pauses de 10 min toutes les 2 h pour travaux répétitifs.

8.3.3 Bruit

Outils : meules, scies à béton, marteaux piqueurs (90–115 dB). Limite : 90 dB(A) sur 8 h (LEX,8h). À partir de 85 dB(A), fourniture obligatoire de protecteurs auditifs. Double protection (bouchons + coquilles) > 105 dB. Programme de conservation de l'audition (audiométrie annuelle) pour exposition > 85 dB(A).

8.3.4 Vibrations

Outils vibrants exposent aux vibrations main-bras. Limite RSST : 2,5 m/s²/8h. Prévention : outils antivibratiles, gants anti-vibratiles, rotation des tâches.

8.3.5 Travail Par Temps Froid

Au Québec, travail hivernal fréquent. Mesures CSTC : aire de repos chauffée, pauses de réchauffement, vêtements isolants coupe-vent, gants isolés, protection des extrémités. Mortier protégé du gel (bâches isolantes ou chauffage). Arrêt obligatoire lorsque Windchill atteint -40 °C.

8.4 Risques Chimiques

Les risques chimiques en maçonnerie concernent notamment la silice cristalline, les ciments alcalins, adjuvants, nettoyants acides, poussières et produits de cure. Le contrôle passe par substitution, ventilation ou captation à la source, méthodes humides, protection respiratoire, gants, lunettes et lecture des fiches de données de sécurité SIMDUT.

8.4.1 Silice Cristalline (Quartz)

Risque chimique numéro un. Libérée lors de la taille, sciage, perçage et meulage de brique, béton, pierre, mortier durci. Provoque silicose (fibrose pulmonaire irréversible), cancer du poumon, BPCO.

VEMP = 0,025 mg/m³ sur 8 h (RSST section X, valeur abaissée en 2025). Contrôles obligatoires : outils avec aspiration à la source (meules à aspiration intégrée, scies à eau), sciage humide obligatoire, outils à vide (aspirateur HEPA). Ventilation extérieure de préférence ; en intérieur, extraction mécanique. Protection respiratoire : demi-masque P100 (court terme), PAPR (prolongé/espace confiné). Hygiène : lavage des mains avant manger/fumer, pas de nourriture en zone de travail, changement de vêtements. Surveillance médicale : spirométrie + radio pulmonaire à l'embauche, puis aux 3 ans. Programme de contrôle de la silice écrit obligatoire.

8.4.2 Ciment

Ciment Portland contient des chromates (chrome VI) → dermatites allergiques et brûlures chimiques (pH 12–13). Prévention : gants imperméables, vêtements longs, lavage immédiat des projections à l'eau claire, ciments à faible teneur en chrome VI.

8.4.3 Adjuvants et Produits Chimiques

Adjuvants (accélérateurs, retardateurs, fluidifiants) et produits de nettoyage (acide chlorhydrique dilué, dégraissants). Consulter les FDS avant usage. Gants nitrile/néoprène, lunettes étanches, tablier imperméable requis.

8.5 Équipements de Protection Individuelle (EPI)

Casque (CSA Z94.1) : classe G (2 200 V) ou E (20 000 V)
Lunettes (CSA Z94.3) : écrans latéraux ; écran facial pour meulage/sciage
Protection auditive (CSA Z94.2) : bouchons NRR ≥ 25 dB ou coquilles NRR ≥ 25 dB
Gants : cuir (manutention), anti-coupures (taille pierre), imperméables (ciment)
Chaussures (CSA Z195) : embout acier Grade 1 (125 J), semelle anti-perforation, antidérapante
Vêtements haute visibilité (CSA Z96) : classe 2 ou 3
Protection respiratoire : N95 (poussières légères), P100 (silice), cartouche COV
Harnais (CSA Z259.10) + absorbeur (CSA Z259.11) + lanyard 1,8 m max
Tablier imperméable pour mortier par temps humide

8.6 Risques Mécaniques

Les risques mécaniques apparaissent avec les scies à maçonnerie, malaxeurs, palans, chariots, plateformes, outils rotatifs et zones de manutention. La prévention repose sur les gardes, l’inspection des équipements, le cadenassage au besoin, la formation, les distances de sécurité et une coordination claire entre opérateurs et maçons au poste de travail.

8.6.1 Meules et Scies

Vérifier l'intégrité de la meule (test du son). Capot de protection orienté vers l'opérateur. Ne pas utiliser une meule usée en deçà de 25 mm du diamètre nominal. Vitesse max de la meule ≥ vitesse de l'outil. Sciage à eau obligatoire pour scies à béton. Débrancher avant changement de meule.

8.6.2 Malaxeurs

Ne jamais introduire les mains ou outils dans la cuve en marche. Arrêt d'urgence accessible. Nettoyage après débranchement.

8.6.3 Appareils de Levage

Grues, chariots élévateurs, monte-charge opérés par personnel certifié (carte CNESST). Élingues et câbles inspectés avant chaque usage. Charge jamais au-dessus des travailleurs.

8.7 Incendie et Déchets

Stockage des matériaux combustibles (isolant, bâches, bois) à l'écart des sources de chaleur. Extincteurs type ABC, 2 par étage ou tous les 500 m². Interdiction de fumer. Déchets de maçonnerie évacués en bennes. Sacs de ciment vides humidifiés avant mise à la benne. Eaux de sciage collectées et traitées selon le règlement.

8.8 Formation et Certifications

Carte de compétence CCQ : obligatoire pour la construction au Québec
Formation ASP Construction : santé et sécurité générale (30 h), travail en hauteur, échafaudage, silice, pont roulant, chariot élévateur
SIMDUT : matières dangereuses
Premiers soins : certificat CNESST ou Croix-Rouge recommandé

8.9 Résumé

La santé et la sécurité sont une responsabilité partagée employeur-travailleur. Le briqueteur-maçon doit connaître les risques — chute, manutention, silice, bruit, vibrations, froid — et appliquer rigoureusement les mesures de prévention. Les EPI, le respect des procédures d'échafaudage, les méthodes sécuritaires (sciage humide, aspiration à la source) et la formation continue sont les clés d'une carrière longue et sans accident. La conformité à la LSST, au RSST et au CSTC est un impératif humain et légal.

8.3 Législation en santé et sécurité au Québec

La santé et sécurité du travail dans le secteur de la maçonnerie relève de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST). La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) assure l'application de ces dispositions.

La Loi SST (RLRQ c. S-2.1) établit les droits et obligations des employeurs, des travailleurs et des maîtres d'œuvre. L'employeur a une obligation générale de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l'intégrité physique de ses travailleurs. Cette obligation inclut la formation adéquate, la fourniture d'équipements de protection individuelle (EPI), l'affichage des consignes de sécurité et la tenue d'un registre des accidents.

Le droit de refus d'un travailleur dangereux est prévu à l'article 12 de la LSST. Un maçon qui estime que l'exécution d'un travail l'expose à un danger grave pour sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique peut refuser d'exécuter ce travail. L'employeur doit enquêter immédiatement et prendre les mesures correctives nécessaires.

8.4 Équipements de protection individuelle en maçonnerie

Les EPI obligatoires pour les travaux de maçonnerie comprennent : le casque de sécurité (CSA Z94.1) avec jugulaire, les lunettes de sécurité anti-éclats (CSA Z94.3), les gants de protection résistants à l'abrasion et aux produits chimiques (mortier, ciment), les bottes de sécurité à embout d'acier (CSA Z195) et le harnais de sécurité antichute (CSA Z259.10) pour les travaux en hauteur.

Le masque anti-poussière (N95 minimum) est obligatoire lors de la manipulation de ciment, de chaux, de sable sec ou lors de la coupe d'unités de maçonnerie. Pour les travaux générant de la silice cristalline respirable (coupe de blocs de béton, meulage de joints), un respirateur à épuration d'air (P100) est requis.

Les protecteurs auditifs (bouchons, coquilles) sont obligatoires lorsque le niveau sonore dépasse 85 dBA. Les outils pneumatiques (marteaux-piqueurs, burineurs) peuvent générer des niveaux sonores de 100 à 120 dBA justifiant l'utilisation d'une double protection.

8.5 Protection antichute pour les maçons

La protection antichute est une préoccupation majeure en maçonnerie car les travaux se déroulent fréquemment en hauteur (échafaudages, plates-formes élévatrices, bords de dalles). Le RSST exige un système de protection antichute lorsque la chute potentielle dépasse 3 mètres (dans le secteur de la construction).

Les systèmes de protection antichute comprennent un point d'ancrage (résistance minimale de 22 kN), un harnais complet (conforme CSA Z259.10), un absorbeur d'énergie (déploiement maximal de 1,2 mètre) et une longe avec connecteurs doubles. La distance totale de chute calculée ne doit pas déferrer de plus de 2 mètres du point d'ancrage en cas de défaillance.

Les garde-corps périmétriques sont la solution préférée pour les travaux de maçonnerie sur les bords de dalles. Ils sont composés d'une lisse supérieure (hauteur minimale de 1,07 mètre), d'une lisse intermédiaire et d'une plinthe de 100 mm. Les échafaudages doivent être montés par des travailleurs qualifiés conformément à la norme CSA S269.2.

8.6 Manutention manuelle et mécanique des matériaux

La manutention des matériaux de maçonnerie représente une source importante de troubles musculo-squelettiques (TMS). Le poids d'un bloc de béton standard de 200 mm est de 18 à 22 kg. La charge maximale autorisée pour la manutention manuelle par un seul travailleur est de 50 kg selon le RSST.

Les principes de biomecanique pour le levage sécuritaire incluent : plier les genoux (pas le dos), garder la charge près du corps, éviter les torsions du tronc, utiliser les jambes pour soulever. Les aides mécaniques (chariots à blocs, pinces de levage, grues télescopiques) sont obligatoires pour les charges dépassant 25 kg par unité.

Le stockage des palettes sur le chantier doit respecter une hauteur maximale de 3 palettes superposées pour les blocs de béton et de 2 palettes pour les briques. Les palettes doivent être stabilisées et ne pas obstruer les issues de secours ou les voies de circulation.

8.7 Gestion des risques spécifiques

La silice cristalline respirable est le risque chimique principal en maçonnerie. La coupe à sec des blocs de béton et des briques génère des particules de silice fines qui pénètrent profondément dans les poumons et causent la silicose. Les mesures de prévention incluent la coupe humide systématique, l'aspiration à la source sur les scies électriques, et le port de respirateurs à air filtré.

Le risque électrique concerne l'utilisation de pompes à mortier, de malaxeurs et de scies électriques sur les chantiers. Tous les outils doivent être doublement isolés ou branchés sur un disjoncteur de fuite à la terre (DFT) d'une sensibilité de 30 mA maximum.

Les brûlures chimiques causées par le ciment Portland (pH élevé, caustique) nécessitent le port de gants imperméables et de vêtements à manches longues. En cas de contact avec la peau, rincer abondamment à l'eau claire pendant au moins 15 minutes. Le ciment sec peut causer des brûlures thermiques lors de l'hydratation (réaction exothermique).

Ready to test this chapter?

Practice with exam-aligned questions and timed simulations.

Commencer gratuitement