Chapter IX

Schémas électriques

Metierium study guide with diagrams.

Schémas électriques — Lecture et interprétation — Guide CMEQ complet

La lecture des schémas électriques transforme les symboles et repères en actions concrètes de câblage, de vérification et de dépannage. L’électricien doit distinguer schémas unifilaires, multifilaires, de commande et de puissance afin de suivre les conducteurs, comprendre les protections et diagnostiquer une anomalie sans créer de risque supplémentaire.

Introduction

Un schéma électrique est une représentation graphique normalisée d'un circuit, d'une installation ou d'un système de distribution. Pour l'électricien québécois, la lecture de plans constitue le point de départ de toute intervention : c'est le schéma qui indique la position des prises, le calibre des disjoncteurs, la section des conducteurs, la logique de commande des moteurs et les exigences de protection (DDFT, AFCI). Un même bâtiment est décrit par plusieurs types de schémas complémentaires — unifilaire, multifilaire, de câblage et fonctionnel — chacun répondant à une question différente : « quelle est l'architecture de la distribution ? », « comment raccorder physiquement les fils ? », « comment le circuit fonctionne-t-il logiquement ? ».

Ce chapitre présente les quatre familles de schémas, les symboles normalisés CSA/ANSI/IEC, le code de couleurs des conducteurs selon la CSA C22.1, la lecture des schémas de commande de moteurs (démarrage marche-arrêt à trois fils, verrouillage), l'interprétation des plans architecturaux et des légendes, les schémas de câblage résidentiel (prise simple, interrupteur unipolaire, va-et-vient, fil pilote), puis les calculs directement liés à la lecture de plans : loi d'Ohm appliquée au dépannage, puissance monophasée et triphasée, chute de tension, dimensionnement des protections et équilibrage des phases à partir d'un tableau de répartition. Chaque formule est accompagnée d'un exemple numérique complet.

Concepts fondamentaux

Resistor Capacitor Inductor Interrupteur Lamp Batterie Mise à la terre Transformateur

La figure ci-dessus regroupe huit symboles de base que l'on retrouve sur pratiquement tous les schémas : la résistance (rectangle), le condensateur (deux plaques parallèles), l'inductance (succession de demi-cercles), l'interrupteur (lame oblique entre deux points), la lampe (cercle avec une croix), la pile (traits longs et courts superposés), la mise à la terre (trois traits horizontaux décroissants) et le transformateur (deux enroulements couplés). Reconnaître instantanément ces symboles est le prérequis de toute lecture de plan.

Trois notions transversales reviennent sur chaque schéma :

La tension (U, en volts) : différence de potentiel entre deux conducteurs. Sur un plan résidentiel québécois, on lit 120 V (phase-neutre) ou 240 V (deux phases). En triphasé industriel, 347 V (phase-neutre) et 600 V (phase-phase).
Le courant (I, en ampères) : intensité qui circule dans un conducteur. Le calibre des disjoncteurs (15 A, 20 A, 30 A, 40 A) et la section des conducteurs (#14, #12, #10 AWG) sont choisis en fonction du courant.
La résistance (R, en ohms) : opposition au passage du courant. En dépannage, une résistance infinie indique un circuit ouvert ; une résistance nulle entre deux conducteurs qui ne devraient pas se toucher indique un court-circuit.

Un schéma ne se lit jamais seul : il s'accompagne d'un cartouche (titre, numéro de plan, échelle, date, révision), d'une légende (signification des symboles) et souvent d'un tableau de répartition (liste des circuits avec calibre et charge). Lire un plan, c'est croiser ces trois sources d'information.

Section 1 — Types de schémas

Cette section situe Types de schémas dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

1.1 Schéma unifilaire

Le schéma unifilaire (ou « one-line diagram ») est une représentation simplifiée dans laquelle chaque circuit est tracé par un seul trait, quel que soit le nombre réel de conducteurs ou de phases. Un circuit triphasé 600 V à trois conducteurs + terre y est donc dessiné avec une seule ligne. C'est la vue d'ensemble de la distribution.

Caractéristiques :

Un trait par circuit (même pour un circuit triphasé)
Indique les grandes voies de distribution et les calibres
Utilisé pour les plans d'ensemble, les tableaux et les demandes de permis

Exemple — Tableau 200 A :

Hydro-Québec → Compteur → Disjoncteur principal 200 A

├─ Circuit #1 : Éclairage salon/salle de bain 15 A

├─ Circuit #2 : Prises d'usage général 15 A

├─ Circuit #3 : Prises de cuisine 20 A DDFT

├─ Circuit #4 : Cuisinière 40 A

├─ Circuit #5 : Sécheuse 30 A

├─ Circuit #6 : Chauffe-eau 30 A

├─ Circuit #7-10 : Plinthes chauffantes

└─ Circuit #11-12 : Thermopompe

Sur ce schéma, chaque branche porte le numéro du circuit, sa fonction et le calibre du disjoncteur. Le lecteur déduit immédiatement la capacité totale : un disjoncteur principal de 200 A sous 240 V peut théoriquement fournir P = U × I = 240 × 200 = 48 000 W, mais la charge réelle est calculée avec les facteurs de demande du Code (voir Section 7).

1.2 Schéma multifilaire

Le schéma multifilaire représente chaque conducteur individuellement. Un circuit triphasé y apparaît avec trois lignes distinctes (L1, L2, L3) plus le neutre et la terre s'il y a lieu.

Caractéristiques :

Chaque conducteur est tracé séparément
Montre les raccordements précis (bornes, couleurs, repères)
Utilisé pour le câblage détaillé et le raccordement des équipements

Le schéma multifilaire est indispensable quand il faut vérifier le sens de rotation d'un moteur triphasé (l'ordre des phases L1-L2-L3 détermine le sens) ou identifier le couplage étoile/triangle des enroulements.

1.3 Schéma de câblage

Le schéma de câblage (ou schéma d'installation) est une représentation physique : il montre le cheminement réel des conducteurs dans les boîtes, les conduits et les appareils.

Caractéristiques :

Position réelle des composants respectée
Longueurs de câble, boîtes de jonction et chemins indiqués
Indispensable pour l'installation sur le chantier

C'est le schéma qu'utilise l'installateur pour tirer les câbles et faire les raccordements point par point. Il précise le type de câble (NMD90, NM-B, TECK), le calibre (#14, #12) et le numéro de chaque conducteur.

1.4 Schéma fonctionnel (développé)

Le schéma fonctionnel (ou schéma développé, « ladder diagram ») représente le fonctionnement logique du circuit, sans tenir compte de la disposition physique. Les composants sont placés pour rendre la logique facile à suivre.

Caractéristiques :

Priorise la compréhension du fonctionnement
Aucune position réelle n'est respectée
Utilisé pour le diagnostic de pannes et la conception de commandes

En commande industrielle, le schéma fonctionnel se présente comme une échelle : deux montants d'alimentation (phase et neutre, ou L1/L2) reliés par des barreaux horizontaux. Chaque barreau est une fonction (marche, arrêt, temporisation). C'est le format privilégié pour analyser un circuit de démarrage de moteur (Section 4).

Section 2 — Symboles électriques normalisés (CSA/ANSI)

Cette section situe Symboles électriques normalisés (CSA/ANSI) dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

2.1 Symboles de base

SymbolDescriptionSymbolDescriptionConducteurMise à la terreConducteur sous tensionPrise de courantLampe/éclairageBoîte de jonctionInterrupteurContactResistorBobine/relaisMoteurTransformateur

Un point noir à l'intersection de deux lignes indique une connexion électrique ; deux lignes qui se croisent sans point sont isolées l'une de l'autre. Cette distinction est une source fréquente d'erreur de lecture.

2.2 Symboles de contacts

Contact normalement ouvert (NO) :

——/ /——

Deux traits parallèles séparés. Au repos (bobine non alimentée), le circuit est ouvert ; aucun courant ne passe.

Contact normalement fermé (NF ou NC) :

——/\——

Deux traits reliés par une barre. Au repos, le circuit est fermé ; le courant passe.

Contacts temporisés :

NO à fermeture temporisée : symbole NO assorti d'un crochet ou d'une flèche de retard — le contact se ferme après un délai une fois la bobine alimentée.
NF à ouverture temporisée : symbole NF avec retard — le contact s'ouvre après un délai.

La distinction NO/NF est cruciale : le bouton MARCHE est NO (on le ferme en appuyant), le bouton ARRÊT est NF (on l'ouvre en appuyant, ce qui coupe la bobine). Un contact de maintien (ou « seal-in ») est un contact auxiliaire NO monté en parallèle avec le bouton MARCHE.

2.3 Symboles de dispositifs de protection

SymbolMeaningDisjoncteurFusibleRelais de surcharge thermiqueGFCIAFCI

Le DDFT (disjoncteur différentiel de fuite à la terre, « GFCI ») détecte un déséquilibre entre le courant de phase et le courant de neutre supérieur à 5 mA et déclenche en quelques millisecondes. Il est exigé près des points d'eau (cuisine, salle de bain, extérieur). L'AFCI (détecteur d'arc) reconnaît la signature d'un arc électrique série ou parallèle et protège contre les incendies d'origine électrique ; il est exigé dans les pièces d'habitation (chambres, salon).

2.4 Symboles de puissance

Moteur : cercle contenant la lettre M, souvent accompagné de la puissance nominale (HP ou kW) et de la tension. Un moteur triphasé porte l'indication « 3~ ».

Génératrice : cercle contenant la lettre G.

Transformateur : deux enroulements face à face (deux ressorts superposés). Le primaire et le secondaire sont séparés par une ligne (noyau de fer). Les rapports de tension (ex. 600 V / 120 V) sont inscrits à côté.

Couplage étoile/triangle : sur un schéma multifilaire, les trois enroulements d'un moteur ou d'un transformateur peuvent être représentés en étoile (Y, avec un point neutre commun) ou en triangle (Δ, en boucle fermée). En étoile, la tension de phase = tension de ligne / √3 ; en triangle, tension de phase = tension de ligne.

Section 3 — Code de couleurs des conducteurs

Cette section situe Code de couleurs des conducteurs dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

3.1 Canada (CSA C22.1)

UtilisationColorCodePhase ANoirArt. 4-024Phase BRougeArt. 4-024Phase CBleuArt. 4-024NeutreBlanc ou grisArt. 4-026Mise à la terreVert ou nuArt. 10-504Phase dérivée (240V)Noir ou rougeidentifiéArt. 4-024Conducteur de liaisonVert/jauneNorme internationale

Règle absolue : le blanc/gris est réservé au neutre, le vert (ou vert/jaune) est réservé à la terre. Un conducteur noir ou rouge peut servir de phase ou de retour de lampe ; lorsqu'un fil blanc sert de retour de commutation (navette ou retour de lampe), il doit être identifié en permanence avec du ruban noir ou rouge aux deux extrémités.

3.2 Identification des conducteurs

Conducteurs de même phase : repérés par des étiquettes numérotées
Conducteurs de commande : numérotés de 1 à 99 pour les circuits de commande
Conducteurs de puissance : numérotés à partir de 100 pour les circuits de puissance

Sur un schéma de commande industriel, chaque fil porte un numéro qui correspond au numéro inscrit sur le plan et au repère physique posé sur le conducteur. Cette correspondance plan ↔ terrain permet de retrouver un fil précis dans une armoire sans tout débrancher.

Section 4 — Lecture des schémas de commande

Lecture d'un schéma de commande — symboles et chemin du courant (animation) Lecture d'un schéma de commande (moteur 3 fils) Circuit de commande L1 F1 Arrêt (NC) Marche (NO) M bobine L2 Maintien (M) Symboles normalisés Fusible Contact NC Contact NO Bobine M Moteur Terre Méthode : suivre le courant de L1 vers L2, composant par composant Appui sur Marche → bobine M alimentée → contact de maintien M se ferme → le moteur reste en marche même après relâchement (circuit 3 fils). Arrêt ouvre le circuit.

4.1 Schéma de commande d'un moteur

Un schéma de commande de moteur typique comporte deux parties distinctes :

Circuit de puissance (fort courant) :

Traits épais
Alimentation triphasée (L1, L2, L3)
Contacteur de puissance (M)
Relais de surcharge (OL)
Moteur (M)

Circuit de commande (faible courant) :

Traits fins
Alimentation de commande (120 V, prise entre L1-N ou via un transformateur)
Bouton ARRÊT (NF)
Bouton MARCHE (NO)
Bobine du contacteur (M)
Contact auxiliaire de maintien (M)

Fonctionnement (démarrage à trois fils) :

106.Appui sur MARCHE → la bobine M est alimentée
107.Le contacteur principal M se ferme (alimentation du moteur)
108.Le contact auxiliaire M se ferme (maintien/mémorisation)
109.Le moteur démarre
110.Appui sur ARRÊT → la bobine M est désalimentée → tout s'ouvre → le moteur s'arrête

Le contact de maintien est monté en parallèle avec le bouton MARCHE : quand on relâche MARCHE, le courant continue de passer par le contact auxiliaire M désormais fermé. C'est ce qu'on appelle le circuit à trois fils (par opposition au circuit à deux fils, à maintien manuel, où le moteur redémarre seul après une panne — interdit pour la sécurité).

Verrouillage (interlocking) : dans un démarreur à inversion de marche, deux contacteurs (marche avant / marche arrière) ne doivent jamais être fermés en même temps, sous peine de court-circuit phase-phase. On insère un contact NF du contacteur avant en série avec la bobine du contacteur arrière, et inversement (verrouillage électrique), souvent complété par un verrouillage mécanique.

4.2 Numérotation des bornes

Norme CSA / NEMA :

Bornes de contact : numéros impairs (entrée), pairs (sortie)
Exemple : 1-2 (NO), 5-6 (NO), 3-4 (NF)
Bobine : A1 et A2
Relais de surcharge : 95-96 (NF), 97-98 (NO)

Ainsi, sur un contacteur, la borne 1 est l'entrée puissance et 2 la sortie ; la bobine se branche entre A1 et A2. Le contact de surcharge 95-96 (NF) est inséré en série dans le circuit de commande : en cas de surcharge, il s'ouvre et coupe la bobine.

4.3 Identification des composants

ComposantDésignationContacteur principalM (Main)Contacteur auxiliaireA1, A2, etc.Relais de commandeCR1, CR2Relais temporiséTR1, TR2Relais de surchargeOL (surcharge)Bouton MARCHEPB1 (bouton-poussoir)Bouton ARRÊTPB2Fusible de commandeF1, F2Transformateur decommandeX1

Ces désignations normalisées permettent de faire des références croisées : la bobine « M » apparaît sur un barreau, et chacun de ses contacts (M) est repéré ailleurs avec une indication de la page/barreau où se trouve la bobine.

Section 5 — Plans de construction

Cette section situe Plans de construction dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

5.1 Plan architectural électrique

Un plan d'étage électrique indique :

L'emplacement des prises (symbole ☰ avec le nombre de pôles)
L'emplacement des interrupteurs (S1, S2, S3, S4)
L'emplacement des luminaires
Les circuits associés (numéro de circuit indiqué)
L'emplacement du tableau
Les notes et la légende

5.2 Légendes typiques

SYMBOLE SIGNIFICATION

───────── ─────────────────────────

☰ Prise double 15 A/120 V

☰ D Prise DDFT 20 A/120 V

S1 Interrupteur unipolaire

S3 Interrupteur à trois voies (va-et-vient)

S4 Interrupteur à quatre voies

○ Luminaire au plafond

○ M Luminaire mural

⏚ Boîte de sortie

⇅ Ventilateur de plafond

⌁ Circuit Numéro de circuit

5.3 Lecture des plans

147.Lire la légende — connaître les symboles utilisés
148.Repérer le tableau — source des circuits
149.Suivre les circuits — de la source à la charge
150.Vérifier la conformité — distances, DDFT, AFCI
151.Calculer les charges — ne pas dépasser la capacité du circuit

Cette méthode séquentielle évite les oublis : on ne commence jamais à tirer du câble avant d'avoir identifié la source et la charge de chaque circuit et confirmé que la section du conducteur et le calibre du disjoncteur correspondent.

Section 6 — Schémas de câblage résidentiel

Cette section situe Schémas de câblage résidentiel dans le travail réel de l’électricien : sécurité des personnes, continuité de service, conformité au Code canadien de l’électricité et diagnostic fiable sur le terrain. Les points qui suivent précisent les critères techniques à vérifier avant l’installation, la mise sous tension ou la remise au client.

6.1 Prise de courant simple

Boîte ← NMD90 14/2 (Noir = phase, Blanc = neutre, Nu = terre)

Phase (Noir) → Borne laiton (dorée) de la prise

Neutre (Blanc) → Borne argentée de la prise

Terre (Nu) → Borne verte de la prise

Règle mnémotechnique : « noir sur laiton, blanc sur argent ». La vis laiton (dorée) est toujours la phase, la vis argentée le neutre, la vis verte la terre. Inverser phase et neutre laisse l'appareil fonctionner mais crée un danger de choc, car l'interrupteur de l'appareil ne coupe plus la phase.

6.2 Interrupteur unipolaire + luminaire

Phase (Noir) → Interrupteur (borne commune)

Interrupteur (sortie) → Fil noir avec ruban → Luminaire

Neutre (Blanc) → Luminaire (direct)

Terre (Nu) → Liaison de l'interrupteur + luminaire

L'interrupteur coupe toujours la phase, jamais le neutre. Le fil qui part de l'interrupteur vers le luminaire (le « retour de lampe ») est un conducteur sous tension lorsqu'on appuie ; on l'identifie avec du ruban pour signaler qu'il n'est pas un neutre malgré sa couleur possible.

6.3 Interrupteurs à trois voies (va-et-vient)

Phase → Borne commune du premier interrupteur

Navettes (2 fils) entre les deux interrupteurs

Borne commune du deuxième interrupteur → Luminaire

Neutre → Luminaire direct

Le va-et-vient utilise deux interrupteurs à trois bornes (S3). La phase arrive sur la borne commune du premier ; deux fils navettes (travelers) relient les deux bornes restantes d'un interrupteur à l'autre ; la borne commune du second alimente le luminaire. On peut ainsi allumer/éteindre un même luminaire depuis deux endroits (ex. haut et bas d'un escalier). Pour trois points de commande ou plus, on intercale un interrupteur à quatre voies (S4) entre les navettes.

6.4 Prise avec fil pilote (chauffage)

Prise standard : Phase + Neutre + Terre

Fil pilote (souvent blanc avec ruban rouge) : commande depuis le thermostat

Dans les installations de chauffage électrique à accumulateur ou à deux niveaux, un quatrième conducteur (le fil pilote) transporte un signal de commande du thermostat vers la charge pour activer un second élément ou un mode économique. Ce conducteur n'est pas un neutre : il doit être identifié au ruban rouge.

Section 7 — Calculs appliqués à la lecture de plans

La lecture d'un plan s'accompagne presque toujours de vérifications chiffrées : calibre du disjoncteur, section du conducteur, chute de tension, équilibrage des phases. Voici les formules essentielles avec exemples complets.

7.1 Loi d'Ohm (dépannage)

Formule : U = R × I (tension = résistance × courant)

Exemple : Une plinthe chauffante de résistance R = 24 Ω est alimentée sous U = 240 V. Quel courant absorbe-t-elle ?

I = U / R = 240 / 24 = 10 A

Le circuit doit donc être protégé par un disjoncteur d'au moins 10 A (on choisit couramment 15 A pour tenir compte de la marge).

Application au dépannage : si on mesure aux bornes de la plinche une résistance infinie (Ω très élevé), l'élément est coupé ; si on mesure 0 Ω entre la phase et la terre, il y a un court-circuit à la masse.

7.2 Puissance monophasée

Formule : P = U × I (en watts, circuit résistif)

Exemple : Un circuit de prises 120 V protégé à 15 A peut fournir au plus :

P = 120 × 15 = 1 800 W

Pour une charge continue (plus de 3 h), le Code impose de ne pas dépasser 80 % du calibre :

P continue max = 1 800 × 0,80 = 1 440 W

On ne branche donc pas plus de 1 440 W de charge continue sur un circuit 15 A/120 V.

7.3 Puissance triphasée

Formule : P = √3 × U × I × cos φ

Exemple : Un moteur triphasé 600 V absorbe I = 10 A avec un facteur de puissance cos φ = 0,85.

P = 1,732 × 600 × 10 × 0,85 = 8 833 W ≈ 8,8 kW

Cette valeur sert à vérifier que le calibre du disjoncteur moteur et la section des conducteurs sont adéquats.

7.4 Chute de tension

Formule (monophasé) : ΔU = (2 × ρ × L × I) / S

où ρ = résistivité du cuivre (≈ 0,0225 Ω·mm²/m), L = longueur simple en mètres, I = courant en ampères, S = section en mm².

Exemple : Un circuit 120 V alimente une charge de I = 12 A sur L = 30 m avec un conducteur de cuivre S = 4 mm².

ΔU = (2 × 0,0225 × 30 × 12) / 4 = 16,2 / 4 = 4,05 V

En pourcentage : (4,05 / 120) × 100 = 3,4 %

Le Code recommande une chute maximale de 3 % pour un circuit de branche (et 5 % au total entre l'entrée et la charge). À 3,4 %, ce circuit dépasse légèrement la cible de branche ; on pourrait augmenter la section à 6 mm² :

ΔU = 16,2 / 6 = 2,70 V → (2,70 / 120) × 100 = 2,25 % ✓ conforme.

7.5 Courant d'une charge et choix du disjoncteur

Formule : I = P / U

Exemple : Un chauffe-eau de P = 3 000 W sous U = 240 V (charge continue).

I = 3 000 / 240 = 12,5 A

Pour une charge continue, on majore de 125 % : I calcul = 12,5 × 1,25 = 15,6 A. On choisit un disjoncteur de 20 A et un conducteur #12 AWG (calibre 20 A). C'est exactement ce qu'on lit sur le schéma unifilaire : « Circuit #6 : Chauffe-eau 30 A » correspondrait à un chauffe-eau plus puissant (ex. 4 500 W → 18,75 A × 1,25 = 23,4 A → disjoncteur 30 A, conducteur #10).

7.6 Rapport de transformation

Formule : U₁ / U₂ = N₁ / N₂ = I₂ / I₁

Exemple : Un transformateur de commande abaisse 600 V à 120 V. Le rapport est :

U₁ / U₂ = 600 / 120 = 5 → rapport 5:1

Si le secondaire débite I₂ = 2 A, le courant primaire vaut :

I₁ = I₂ × (U₂ / U₁) = 2 × (120 / 600) = 0,4 A

Le primaire ne tire que 0,4 A : c'est pourquoi le circuit de commande est tracé en traits fins alors que le circuit de puissance (600 V, fort courant) est en traits épais.

7.7 Équilibrage des phases à partir du tableau

Sur un tableau monophasé 120/240 V, on répartit les circuits 120 V alternativement sur la phase A (noir) et la phase B (rouge) pour équilibrer le neutre.

Exemple : à partir du tableau de la Section 1.1, on additionne les charges 120 V :

Phase A : éclairage (1 000 W) + prises salon (600 W) + prises cuisine (1 200 W) = 2 800 W
Phase B : prises chambres (900 W) + prises bureau (700 W) + éclairage chambres (800 W) = 2 400 W

Déséquilibre = 2 800 − 2 400 = 400 W. Courant de déséquilibre dans le neutre : I = 400 / 120 = 3,3 A. Un déséquilibre faible est acceptable ; on vise idéalement moins de 10 % d'écart entre les phases pour éviter une surcharge du neutre et une chute de tension inégale.

Questions d'examen typiques

Q1. Quel type de schéma montre le cheminement physique réel des conducteurs ?

a) Le schéma unifilaire
b) Le schéma fonctionnel
c) Le schéma de câblage
d) Le schéma développé

Réponse : c. Le schéma de câblage (ou d'installation) représente la disposition physique et le cheminement réel des conducteurs dans les boîtes et conduits. Le schéma unifilaire est une vue simplifiée, le schéma fonctionnel montre la logique sans position réelle.

Q2. Dans un schéma de commande de moteur, le circuit de puissance est représenté par :

a) Des traits fins
b) Des traits épais
c) Des pointillés
d) Des flèches

Réponse : b. Le circuit de puissance (fort courant : L1-L2-L3, contacteur, surcharge, moteur) est tracé en traits épais ; le circuit de commande (faible courant, 120 V) est tracé en traits fins.

Q3. Quel est le symbole d'un contact normalement ouvert (NO) ?

a) Deux traits reliés par une barre ——/\——
b) Deux traits parallèles séparés ——/ /——
c) Un cercle avec une croix
d) Trois traits décroissants

Réponse : b. Le contact NO est représenté par deux traits parallèles séparés : au repos, le circuit est ouvert. Le contact NF (a) est relié par une barre.

Q4. Quelle est la couleur du conducteur neutre au Canada ?

a) Vert
b) Noir
c) Blanc ou gris
d) Rouge

Réponse : c. Le neutre est blanc ou gris (CSA C22.1, art. 4-026). Le vert (ou nu) est réservé à la terre ; noir et rouge sont des phases.

Q5. Comment numérote-t-on les bornes d'un contact ?

a) Impair (entrée), pair (sortie) — ex. 1-2, 3-4
b) Pair (entrée), impair (sortie)
c) Toujours A1 et A2
d) Toujours 95-96

Réponse : a. Les bornes de contact suivent la convention impair (entrée) / pair (sortie) : 1-2 (NO), 3-4 (NF). A1-A2 désignent la bobine ; 95-96 le contact NF de surcharge.

Q6. Sur un schéma unifilaire, combien de lignes représentent un circuit triphasé ?

a) Trois lignes
b) Deux lignes
c) Une seule ligne
d) Quatre lignes

Réponse : c. Une seule ligne — d'où le nom « unifilaire ». Les trois phases sont implicites ; c'est ce qui distingue l'unifilaire du multifilaire.

Q7. Dans un circuit de démarrage marche-arrêt à trois fils, quel élément maintient le contacteur fermé après le relâchement du bouton MARCHE ?

a) Le bouton ARRÊT
b) Le contact auxiliaire de maintien (seal-in)
c) Le relais de surcharge
d) Le fusible de commande

Réponse : b. Le contact auxiliaire NO, monté en parallèle avec le bouton MARCHE, se ferme quand la bobine s'alimente et prend le relais du bouton relâché. C'est le principe du maintien (mémorisation).

Q8. Une plinthe de 24 Ω est alimentée sous 240 V. Quel courant absorbe-t-elle ?

a) 5 A
b) 10 A
c) 15 A
d) 24 A

Réponse : b. I = U / R = 240 / 24 = 10 A (loi d'Ohm).

Q9. Quel dispositif protège contre les arcs électriques dans les pièces d'habitation ?

a) Le DDFT (GFCI)
b) L'AFCI
c) Le relais de surcharge
d) Le transformateur

Réponse : b. L'AFCI détecte la signature d'un arc et protège contre les incendies d'origine électrique dans les chambres et salons. Le DDFT protège contre les fuites à la terre près des points d'eau.

Q10. Un transformateur abaisse 600 V à 120 V. Quel est le rapport de transformation ?

a) 2:1
b) 3:1
c) 5:1
d) 10:1

Réponse : c. U₁/U₂ = 600/120 = 5, soit un rapport 5:1.

Section 8 — Méthode de dépannage à partir du schéma

Le dépannage efficace s'appuie systématiquement sur le schéma fonctionnel plutôt que sur le tâtonnement. La démarche comporte cinq étapes :

286.Comprendre le fonctionnement normal — tracer mentalement le chemin du courant de la source à la charge dans les conditions normales, en identifiant chaque contact et chaque bobine.
287.Relever les symptômes — noter précisément ce qui ne fonctionne pas (le moteur ne démarre pas du tout ? il démarre puis déclenche ? un seul sens de marche fonctionne ?).
288.Isoler la panne par mesures successives — mesurer la tension en des points successifs du circuit à l'aide d'un voltmètre, en partant de la source. Une tension présente en amont d'un contact mais absente en aval indique un contact ouvert défectueux.
289.Confirmer le composant fautif — tester le composant suspecté (continuité de la bobine, état du contact, déclenchement de la surcharge).
290.Réparer et vérifier — remplacer le composant, puis confirmer le fonctionnement complet, y compris l'arrêt et les sécurités.

Exemple concret : un moteur triphasé ne démarre pas. Sur le schéma, on suit le circuit de commande : alimentation 120 V → fusible F1 → bouton ARRÊT (NF, bornes 1-2) → bouton MARCHE (NO) → contact de surcharge OL (95-96, NF) → bobine M (A1-A2). On mesure 120 V en entrée du fusible et 0 V en sortie : le fusible F1 est grillé. On le remplace et on vérifie qu'il n'y a pas de court-circuit en aval avant de remettre sous tension. Cette méthode élimine les causes une à une au lieu de remplacer des pièces au hasard.

Les pannes les plus fréquentes identifiables sur le schéma sont : le circuit ouvert (fil coupé, contact usé, bobine grillée — résistance infinie à l'ohmmètre), le court-circuit (deux conducteurs qui se touchent — courant excessif, disjoncteur déclenché), la panne intermittente (connexion desserrée, composant qui lâche à chaud ou sous vibration) et le défaut à la terre (fuite de courant vers la masse, détectée par le DDFT).

Références

CSA Z99 : Symboles graphiques pour schémas électriques
CSA C22.1 (Code de l'électricité du Canada), Section 4 : Conducteurs (couleurs, identification)
CSA C22.1, Section 10 : Mise à la terre et liaison
NEMA ICS 1 : Normes pour les schémas de commande industriels
IEC 60617 : Symboles graphiques pour schémas (norme internationale)
IEC 61082 : Établissement des schémas électriques
ISO 14617 : Symboles graphiques pour schémas
IEEE 315 / ANSI Y32.2 : Symboles graphiques normalisés (Amérique du Nord)

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