Chapter VII

Mise en service et entretien

Metierium study guide with diagrams.

Chapitre 7 — Mise en service et entretien

Mise en service et entretien — séquence de démarrage, vérifications, entretien préventif (animation) Mise en service et entretien Séquence de démarrage 1. Test d'étanchéité (N₂) pression d'épreuve, tenir 24 h 2. Tirage au vide 500 microns, éliminer humidité + air 3. Charge frigorigène pesée précise selon plaque signalétique 4. Démarrage + réglages surchauffe, sous-refroid., sécurités 5. Documentation relevés, remise au client, permis Relevés de mise en service Paramètre Cible typique Surchauffe évap. 5 à 8 °C Sous-refroid. 5 à 10 °C P aspiration (BP) selon T° évap. P refoulement (HP) selon T° cond. Courant compresseur ≤ FLA plaque T° refoulement 65 à 90 °C ΔP huile 1 à 3 bar Vide atteint ≤ 500 microns Charge frigorigène = plaque (pesée) Entretien préventif (calendrier) Mensuel relevés P/T, filtres Trimestriel courroies, huile, élec. Semestriel sécurités, fuites Annuel analyse huile, complet
Processus de mise en service d'un système frigorifique — les 4 étapes Mise en service — Processus en 4 étapes 1. Vérifications préliminaires • Électrique : isolement ≥ 1 MΩ, tension ±10% • Mécanique : supports, propreté, plaques • Tuyauterie : étanchéité, isolation, pentes 2. Tirage au vide • Pompe double étage + micron gauge • Objectif : ≤ 500 microns • Maintien 30 min → test de montée 3. Chargement frigorigène • Quantité exacte (balance ou plaque) • Phase liquide puis vapeur • Rompre le vide à l'azote sec 4. Réglages et mise en marche • Surchauffe : 5-8 °C au détendeur • Pressostats : PBP, PHP, PDO • Mesures : tensions, courants, ΔT Programme d'entretien préventif (PEP) — CSA B52 Registre obligatoire • Inspections périodiques • Essais de sécurité • Historique des interventions Tirage au vide — Points critiques : 500 microns = ébullition H₂O à -55 °C • Flexibles ≥ ¾ po • Micron gauge électronique (pas le manifold) Montée < 100 microns/min = circuit étanche et sec • Si > 500 → recherche de fuite ou humidité résiduelle

Objectifs d'apprentissage

À la fin de ce chapitre, vous serez en mesure de :

6.Planifier et exécuter la mise en service complète d'un système frigorifique.
7.Réaliser un tirage au vide correct et interpréter le test de montée en pression.
8.Établir un programme d'entretien préventif (PEP) conforme à la CSA B52.
9.Diagnostiquer les pannes courantes à partir des symptômes et des mesures.
10.Tenir le registre d'entretien obligatoire.

7.1 Concepts pour débutants

La mise en service transforme une installation assemblée en système vérifié, stable et documenté. Elle oblige l'opérateur à confirmer l'étanchéité, l'évacuation, la charge, les réglages et les sécurités avant de juger la performance en régime normal.

La mise en service, une étape cruciale

Imaginez que vous venez d'acheter une voiture neuve. Le constructeur ne se contente pas de vous donner les clés : il vérifie que tous les systèmes fonctionnent, règle la pression des pneus, fait le plein d'huile, et vous explique les commandes. La mise en service d'un système frigorifique, c'est la même chose : une procédure systématique qui garantit que tout est correct avant le démarrage.

Une mise en service bâclée est la cause la plus fréquente de pannes précoces. Au Québec, la CSA B52, le Code de construction et la RBQ exigent une mise en service documentée pour toute nouvelle installation.

Les quatre étapes de la mise en service

17.Vérifications préliminaires : Tout vérifier avant de démarrer (électricité, mécanique, tuyauterie).
18.Tirage au vide : Éliminer l'air et l'humidité du circuit.
19.Chargement en frigorigène : Introduire la quantité exacte de fluide.
20.Réglages et mise en marche : Ajuster les paramètres et vérifier le fonctionnement.

7.2 Mise en service détaillée

Une mise en service rigoureuse suit une séquence contrôlée afin d'éviter de masquer une fuite, d'introduire de l'humidité ou de charger un système dans de mauvaises conditions. Les relevés initiaux deviennent la référence pour l'entretien futur et pour toute analyse de garantie ou de conformité.

7.2.1 Vérifications préliminaires

Inspection visuelle et mécanique :

Intégrité de tous les composants (pas de bosses, de fissures, de déformations).
Supports de tuyauterie : espacement conforme, inserts isolants en place.
Propreté de la salle des machines (pas de débris, de matériaux combustibles).
Accès libre aux dispositifs de sécurité et aux vannes.
Vérifier que les plaques signalétiques correspondent à la commande (modèle, frigorigène, tension).

Vérification électrique :

Sectionneurs en place, étiquetés, verrouillables.
Connexions serrées au couple recommandé (utiliser une clé dynamométrique).
Résistance d'isolement : ≥ 1 MΩ à 500 V (mégohmmètre) entre chaque phase et la terre.
Tension d'alimentation : nominale ±10 %.
Protection contre les surintensités : disjoncteurs ou fusibles au bon calibre.
Mise à la terre conforme au Code de l'électricité du Québec.

Vérification de la tuyauterie :

Essai de pression et d'étanchéité réussi (document signé).
Isolation thermique complète et correctement posée (pare-vapeur scellé).
Pente des conduites conforme (aspiration vers compresseur, refoulement vers condenseur).
Tous les bouchons de protection retirés des extrémités de tubes.

Vérification des accessoires :

Filtre déshydrateur neuf, installé dans le bon sens (flèche sur le corps).
Voyant de liquide propre, bien orienté (visible au passage).
Vannes de service : toutes en position ouverte (sauf pour le tirage au vide).
Soupapes de sûreté : certificat d'étalonnage valide, date de péremption non dépassée (5 ans).
Détendeur : réglage d'usine (surchauffe à 5-8 °C généralement présélectionnée).

7.2.2 Tirage au vide (déshydratation) — Procédure détaillée

Pourquoi le vide est-il si important ?

L'air contient de l'oxygène qui réagit avec l'huile pour former des acides.
L'humidité gèle dans le détendeur et obstrue le circuit.
Les gaz non condensables (air, azote) augmentent la pression de condensation et réduisent l'efficacité.
À 500 microns, le point d'ébullition de l'eau est de -55 °C (elle se vaporise et est évacuée).

Matériel nécessaire :

Pompe à vide double étage (20-50 microns de vide ultime).
Manomètre à vide électronique (micron gauge) — PAS utiliser le manifold pour mesurer le vide.
Flexible de vide de gros diamètre (¾ po minimum).
Azote sec pour rompre le vide.

Procédure standard :

60.Raccorder la pompe à vide à la vanne de service liquide ET à la vanne de service aspiration (idéalement par un manifold avec des flexibles de gros diamètre).
61.Ouvrir complètement les vannes de service.
62.Démarrer la pompe à vide.
63.Observer la descente en pression sur le micron gauge.
64.Après 15-30 minutes, la pression devrait atteindre 500-1 000 microns.
65.Continuer jusqu'à atteindre 500 microns ou moins.
66.Maintenir la pompe en marche pendant 30 minutes supplémentaires.
67.Isoler la pompe (fermer la vanne du manifold).
68.Arrêter la pompe.
69.Effectuer le test de montée (vacuum rise test) :
Noter la pression : ex. 350 microns.
Attendre 1 heure.
La pression ne doit pas dépasser 1 000 microns.
Si elle remonte à 600-800 microns : acceptable (humidité résiduelle qui se vaporise).
Si elle remonte à plus de 1 000 microns rapidement : FUITE ou humidité excessive.
75.Si le test est réussi, rompre le vide avec de l'azote sec (jusqu'à 100-200 kPa).
76.Le système est prêt pour le chargement.

Durée typique :

Petit système (< 5 kg de frigorigène) : 2-4 heures.
Système moyen (5-50 kg) : 4-8 heures.
Grand système (> 50 kg) : 8-24 heures.

Piège : Ne JAMAIS utiliser le compresseur du système comme pompe à vide. Cela détruirait les soupapes, introduirait de l'humidité dans l'huile, et pourrait causer un incendie par échauffement du bobinage.

7.2.3 Chargement en frigorigène

Méthode 1 — Chargement liquide (système neuf ou vide complet) :

84.Le système est sous vide (azote retiré).
85.Peser la bouteille de frigorigène avant de commencer.
86.Raccorder la bouteille (phase liquide) à la vanne de service liquide.
87.Ouvrir la vanne de la bouteille et la vanne de service.
88.Le frigorigène liquide est aspiré par le vide (compresseur ARRÊTÉ).
89.Surveiller la quantité introduite par pesée.
90.Quand la pression s'équilibre (plus de différence de pression), fermer la vanne de service.
91.Démarrer le compresseur et compléter la charge par la méthode vapeur.

Méthode 2 — Chargement vapeur (complément de charge) :

93.Compresseur en marche.
94.Bouteille de frigorigène à la verticale (phase vapeur dans le haut).
95.Raccorder à la vanne de service aspiration.
96.Ouvrir lentement la vanne de la bouteille.
97.Surveiller la surchauffe, le sous-refroidissement, le voyant de liquide.
98.Ne JAMAIS introduire de liquide par l'aspiration d'un compresseur en marche (coup de liquide).

Détermination de la charge :

Méthode par pesée : La plus précise. Poids spécifié sur la plaque signalétique (ex. : R-404A, 15 kg).
Méthode par voyant de liquide : Ajouter jusqu'à disparition des bulles dans le voyant.
Méthode par sous-refroidissement : Ajuster pour obtenir 5-10 °C de sous-refroidissement.

7.2.4 Mise en marche

Séquence recommandée :

105.Ouvrir les vannes de service (si le chargement liquide a été fait, les vannes sont déjà ouvertes).
106.Mettre en marche les ventilateurs du condenseur.
107.Mettre en marche les ventilateurs de l'évaporateur.
108.Ouvrir la vanne de liquide (si applicable).
109.Démarrer le compresseur.
110.Surveiller immédiatement la pression de refoulement (ne doit pas dépasser le seuil du pressostat HP).
111.Surveiller le retour d'huile après 5-10 minutes.

Vérifications après stabilisation (30 minutes de fonctionnement) :

Pression d'aspiration : conforme aux spécifications.
Pression de refoulement : conforme.
Surchauffe : 5-8 °C à la sortie de l'évaporateur.
Sous-refroidissement : 5-10 °C à la sortie du condenseur.
Température de refoulement : < 120 °C.
Voyant de liquide : pas de bulles (sauf au tout début).
Retour d'huile : niveau correct au regard du compresseur.
Absence de vibrations anormales.
Absence de bruits suspects (claquements, grincements).

7.3 Entretien préventif — Programme détaillé

L'entretien préventif réduit les arrêts non planifiés en détectant les dérives avant la panne : encrassement, vibrations, surchauffe anormale, intensité élevée, fuite de frigorigène ou défaut de dégivrage. La fréquence doit être ajustée à la criticité, à l'environnement et aux exigences réglementaires de l'installation.

Quotidien / Hebdomadaire

Opérations :

126.Relevé des températures (chambres, condenseur, évaporateur, compresseur).
127.Relevé des pressions (aspiration, refoulement, huile).
128.Inspection visuelle : Fuites d'huile ou de frigorigène, bruits anormaux, vibrations.
129.Vérification du voyant de liquide : Présence de bulles ? (manque de gaz). Couleur du fluide (vert = traceur UV, trouble = humidité).
130.Observation des cycles de dégivrage (fréquence, durée, température de fin de dégivrage).
131.Vérification des drains de condensats (doivent être dégagés).

Pourquoi ? La détection précoce des anomalies permet d'éviter les pannes coûteuses.

Mensuel

Opérations :

135.Nettoyage du condenseur à air (au jet d'eau à basse pression).
136.Vérification des résistances de dégivrage (continuité électrique, résistance ohmique).
137.Test des alarmes et des sécurités (pressostats, détecteurs de gaz).
138.Nettoyage des drains de condensats (prévention des obstructions et moisissures).
139.Vérification du niveau d'huile du compresseur.
140.Inspection des courroies (si compresseur ouvert avec transmission par courroie).

Trimestriel

Opérations :

143.Analyse d'huile du compresseur : Acidité (TAN), humidité, particules métalliques, viscosité.
144.Serrage des connexions électriques (panneaux, contacteurs, sectionneurs).
145.Inspection des soupapes de sûreté : Date de péremption, signes de fuite.
146.Test des détecteurs de gaz : Fonctionnement, calibration (si annuelle).
147.Vérification des résistances de carter (compresseur).

Annuel

Opérations :

150.Vidange d'huile du compresseur : Vidanger l'huile usagée, remplacer par de l'huile neuve (même type et viscosité). Vérifier l'absence de contamination acide.
151.Remplacement du filtre déshydrateur : Toujours remplacer après une intervention sur le circuit (ouverture du circuit réfrigérant).
152.Nettoyage en profondeur du condenseur : Détartrage chimique si condenseur à eau, nettoyage des ailettes si condenseur à air.
153.Révision du détendeur : Nettoyage ou remplacement du filtre intégré, vérification du réglage de surchauffe.
154.Test d'étanchéité complet : Pression à l'azote de tout le système.
155.Vérification de la charge de frigorigène : Pesée ou vérification par sous-refroidissement.
156.Calibration des instruments : Thermomètres, manomètres, micron gauge.
157.Mise à jour du registre d'entretien : Toutes les opérations documentées.
158.Inspection des supports de tuyauterie : Corrosion, desserrage, inserts isolants dégradés.

7.4 Diagnostics courants et dépannage

Le dépannage efficace part des symptômes, mais se confirme par des mesures : pressions, températures, surchauffe, sous-refroidissement, intensités, états de commande et historique d'alarmes. Cette approche évite le remplacement de pièces au hasard et distingue les causes électriques, mécaniques, frigorifiques ou de contrôle.

Tableau de diagnostic rapide

SymptômeCause probableAction correctivePression de refoulementélevéeCondenseur encrasséNettoyer le condenseurVentilateur défectueuxRéparer ou remplacer le ventilateurGaz non condensablesPurger le condenseurSurcharge de frigorigèneRécupérer l'excès de gazPression d'aspiration basseManque de gazRechercher et réparer la fuite,rechargerFiltre bouchéRemplacer le filtre déshydrateurDétendeur mal régléAjuster la surchauffeÉvaporateur givréDégivrer, vérifier le système dedégivrageCycle court du compresseurPressostat mal régléAjuster les seuilsProtection thermiquedéfectueuseRemplacerManque de gazRechargerCompresseur bruyantCoup de liquide (slugging)Vérifier la surchauffe, accumulateurWear mécaniqueRemplacer le compresseurDésalignementAligner le moteur et le compresseurGivre excessif surl'évaporateurDégivrage insuffisantVérifier résistances, programmationPorte laissée ouverteVérifier les joints de porteCharge thermique excessiveVérifier l'isolation, l'étanchéitéTemperature insuffisanteCharge insuffisanteRechargerÉvaporateursous-dimensionnéRevoir la conceptionInsulation dégradéeRemplacer l'isolation

Diagnostic avancé d'une panne de compresseur

Symptôme : Compresseur bloqué (ne tourne pas, bourdonnement électrique).

Procédure :

166.Cadenasser et étiqueter le sectionneur.
167.Mesurer la résistance d'isolement (phases-terre). Si < 1 MΩ : bobinage brûlé (remaniement ou remplacement).
168.Mesurer la résistance entre phases. Si déséquilibrée (> 5 %) : bobinage endommagé.
169.Vérifier le condensateur (si applicable) avec un capacimètre.
170.Récupérer le frigorigène.
171.Déposer le compresseur.
172.Analyser l'huile : acide ? (bobinage brûlé), métallique ? (usure), diluée ? (coup de liquide).
173.Diagnostiquer la cause racine :
Bobinage brûlé + huile acide = surchauffe (température de refoulement excessive, manque de retour d'huile).
Huile métallique = usure mécanique (manque d'huile, corps étranger).
Huile diluée + soupapes endommagées = coup de liquide.
177.Avant de remplacer le compresseur, rincer le circuit avec un produit de rinçage approprié (ou azote). Remplacer le filtre déshydrateur. Tirer au vide longuement.

7.5 Références CSA B52 et RBQ

Article 8.2 — Mise en service : La mise en service doit comprendre un essai de pression, un test d'étanchéité, un tirage au vide, et des essais de fonctionnement de tous les dispositifs de sécurité.

Article 9.1 — Registre d'entretien : Un registre doit être tenu pour chaque système. Il doit contenir : identification du système, dates des interventions, description des travaux, nom du technicien, quantités de frigorigène ajoutées/retirées.

Article 9.2 — Entretien périodique : Le propriétaire doit établir un programme d'entretien préventif écrit, incluant les fréquences et les procédures.

RBQ — Licence : Les travaux de mise en service et d'entretien doivent être effectués par un entrepreneur titulaire d'une licence RBQ sous-catégorie 2.2, ou par un employé qualifié sous la supervision d'un titulaire de licence.

Règlement sur les halocarbures : La récupération de frigorigène avant toute intervention est obligatoire. Les quantités récupérées, recyclées ou détruites doivent être déclarées annuellement.

7.6 Pièges d'examen

Piège n° 1 — Test de vide : 500 microns est l'objectif, 1 000 microns max après 1 heure. Ne pas confondre avec le test de pression (1,25 × pression de service).

Piège n° 2 — Ne jamais utiliser le compresseur comme pompe à vide : Question piège classique. Le compresseur n'est pas conçu pour tirer le vide. Il surchaufferait et serait endommagé.

Piège n° 3 — Chargement liquide vs vapeur : Le chargement liquide se fait compresseur arrêté (par le vide). Le chargement vapeur se fait compresseur en marche (par l'aspiration). Ne jamais inverser.

Piège n° 4 — Le filtre déshydrateur : Toujours le remplacer après ouverture du circuit. Même une brève exposition à l'air (1 heure) peut saturer le filtre d'humidité.

Piège n° 5 — Registre d'entretien : Obligatoire par la CSA B52 et le Règlement sur les halocarbures. Doit être conservé pendant au moins 5 ans.

7.7 Questions de pratique

191.Quel est le niveau de vide minimum à atteindre avant chargement en frigorigène ?

(Réponse : 500 microns, avec un test de montée ne dépassant pas 1 000 microns en 1 heure.)

193.Pourquoi ne faut-il jamais utiliser le compresseur pour faire le vide ?

(Réponse : Le compresseur n'est pas conçu pour fonctionner à vide — il surchauffe, les soupapes s'endommagent, et le moteur peut brûler.)

195.Quelle est la surchauffe cible à la sortie de l'évaporateur ?

(Réponse : 5 à 8 °C.)

197.Quels documents doivent être conservés dans le registre d'entretien ?

(Réponse : Identification du système, dates des interventions, description des travaux, nom et certification du technicien, quantités de frigorigène ajoutées/retirées, résultats des tests.)

199.Vrai ou faux : La mise en service d'un nouveau système peut être effectuée sans essai de pression si l'installation a été faite par un installateur certifié.

(Réponse : Faux. La CSA B52 exige un essai de pression et d'étanchéité pour toute nouvelle installation, quel que soit l'installateur.)

7.8 Résumé du chapitre

La mise en service et l'entretien sont des phases critiques du cycle de vie d'un système frigorifique. Une mise en service rigoureuse (vérifications, tirage au vide, chargement, réglages) garantit un fonctionnement fiable dès le départ. Un programme d'entretien préventif structuré (quotidien, mensuel, trimestriel, annuel) prolonge la durée de vie des équipements et prévient les pannes coûteuses.

La CSA B52 et la RBQ imposent des obligations documentaires strictes : registre d'entretien, certification des techniciens, déclaration des halocarbures. Le respect de ces obligations est aussi important que les compétences techniques.

Pour l'examen BNQ, maîtrisez les procédures de tirage au vide, le tableau de diagnostic des pannes, et les exigences réglementaires en matière d'entretien et de documentation.

7.3 Procédure de mise en service complète

La mise en service d'un système frigorifique suit une procédure systématique en plusieurs étapes. La première étape est le test d'étanchéité à l'azote (pression de 20 bars maintenue pendant 12 heures). La seconde étape est le tirage au vide (pompe à vide poussant jusqu'à 500 microns, maintien sous vide pendant 30 minutes sans remontée).

La troisième étape est la charge en fluide frigorigène. La charge se fait à l'état liquide par la conduite de liquide (toujours par le condenseur) pour les systèmes de moyenne et grande puissance. Pour les systèmes de petite puissance, la charge se fait en phase vapeur par la conduite d'aspiration, lentement pour éviter les coups de liquide.

La quatrième étape est la mise en marche et le réglage des paramètres. Le débitmètre de liquide permet de vérifier la charge. Le voyant de liquide doit montrer un écoulement continu de liquide sans bulles. Le sous-refroidissement en sortie de condenseur doit être de 3 à 5 K, la surchauffe en sortie d'évaporateur de 6 à 8 K.

7.4 Réglages des organes de régulation

Le détendeur thermostatique est réglé en tournant la vis de tarage du ressort. Par défaut, la surchauffe statique est réglée à 4 K. Pour augmenter la surchauffe (moins de liquide dans l'évaporateur), on tourne la vis dans le sens horaire (ressort comprimé). Pour diminuer la surchauffe, on tourne dans le sens antihoraire.

Les pressostats sont réglés selon les valeurs recommandées par le fabricant du compresseur. Le pressostat basse pression (PBP) est réglé 10 à 15 psig en dessous de la pression d'évaporation normale. Le pressostat haute pression (PHP) est réglé à 90 % de la pression maximale admissible du compresseur.

Le régulateur de condensation (vanne de régulation de pression de condensation, CPC) maintient une pression de condensation minimale en hiver. Le réglage typique est de 120 psig pour le R-404A (température de condensation minimale de 15°C).

7.5 Planification de l'entretien préventif

Un programme d'entretien préventif structuré comprend des visites périodiques à intervalles fixes. La visite mensuelle comprend : la vérification des pressions et températures de fonctionnement, le contrôle du voyant de liquide et de l'humidité, l'inspection visuelle des connexions électriques et des fuites d'huile, et le nettoyage extérieur du condenseur.

La visite trimestrielle ajoute : le nettoyage approfondi du condenseur (démontage des grilles de protection, lavage des ailettes), la vérification des courants des moteurs des compresseurs et des ventilateurs, le serrage des connexions électriques, et la lubrification des roulements de ventilateurs.

La visite annuelle inclut : l'analyse d'huile du compresseur (acidité, teneur en eau, particules), le remplacement des filtres déshydrateurs, le test de fonctionnement des sécurités (pressostats, thermostats, soupapes de sécurité), la vérification complète de l'isolation des câbles électriques, et la mise à jour du registre de maintenance.

7.6 Dépannage — diagnostic des anomalies courantes

Le problème le plus fréquent est le manque de puissance frigorifique. Les causes possibles sont : charge de fluide insuffisante (surchauffe élevée, bulles au voyant), condenseur encrassé (pression de condensation élevée), évaporateur givré (défaut de dégivrage), détendeur défectueux (surchauffe instable), compresseur inefficace (courant anormal).

La surchauffe excessive (plus de 15 K) indique un manque de fluide, un détendeur sous-dimensionné ou un filtre bouché. La surchauffe insuffisante (moins de 3 K) indique un excès de fluide ou un détendeur trop ouvert, avec risque de coup de liquide au compresseur.

La température de condensation anormalement élevée peut être causée par un condenseur encrassé, des ventilateurs défectueux, une température ambiante excessive, ou la présence d'air incondensable dans le système (purge nécessaire).

7.7 Indicateurs de performance énergétique

Le coefficient de performance (COP) est l'indicateur principal de l'efficacité énergétique. Il est calculé en divisant la puissance frigorifique (kW) par la puissance électrique absorbée (kW). Un COP inférieur à 2 pour un système de réfrigération commerciale indique un problème de performance.

L'indice d'efficacité énergétique (EER) est le COP exprimé en unités américaines (BTU/h/W). L'EER se calcule en multipliant le COP par 3,41. Un système moderne a un EER d'au moins 9 (COP de 2,64).

Le coefficient de performance saisonnier (SEER) tient compte des variations de charge et de température sur une saison complète. Les systèmes au Québec doivent avoir un SEER d'au moins 14 pour les climatiseurs et de 13 pour les thermopomques.

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